Politique

Guinée-Bissau : L’opposition appelle le Conseil militaire au pouvoir au dialogue

Dans une récente déclaration, les deux principaux partis d’opposition de Guinée-Bissau ont appelé les officiers militaires ayant perpétré le coup d’État du 26 novembre 2015 à accepter une offre de dialogue direct, arguant que le pays se trouve dans une dangereuse impasse susceptible de dégénérer en troubles intérieurs. Plus de trois mois après le coup d’État, la scène politique intérieure demeure totalement paralysée. L’opposition reste silencieuse et aucun progrès n’a été réalisé en vue du rétablissement de l’ordre constitutionnel, une revendication formulée par les partis politiques et la société civile.

Malgré les visites répétées de délégations de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Bissau pour tenter de combler les divisions, le processus de transition reste au point mort, notamment après l’arrestation de plusieurs dirigeants de l’opposition et la perturbation du processus électoral. La récente déclaration commune des deux principales coalitions d’opposition marque un tournant décisif. Le communiqué réaffirme les revendications traditionnelles de l’opposition – notamment le retour des militaires dans leurs casernes et la publication des résultats des élections, jamais annoncés en raison du coup d’État – mais lance également un appel formel et sans précédent au dialogue avec l’armée et à l’établissement de canaux de communication ouverts avec le général Horta Ntam, autoproclamé président par intérim.

Le communiqué met en garde contre le risque de manifestations populaires susceptibles d’affaiblir la position de l’armée et d’aggraver la crise. Mineiro Conte, porte-parole du PAIGC et signataire du communiqué, déclare que l’armée est « invitée à saisir l’opportunité d’un rapprochement » pour discuter de l’avenir du pays, « actuellement dans l’impasse ». Il ajoute que le maintien de la suspension des financements d’institutions internationales telles que la Banque mondiale et l’Union européenne, qui couvrent une part importante du déficit budgétaire du pays, menace d’exacerber la crise économique et sociale. Depuis Dakar, la capitale sénégalaise où il vit en exil, Conte a affirmé que les véritables victimes du coup d’État sont les opposants politiques contraints à l’exil ou assignés à résidence à l’intérieur du pays.

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