La Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) accuse Dangote Refinery de tenter d’instaurer un monopole sur le marché intérieur des carburants en contestant juridiquement les licences d’importation de carburant accordées à des entreprises concurrentes. Ce litige survient à un moment particulièrement délicat, alors que les activités de raffinage du groupe Dangote devraient entrer en bourse en septembre 2026, soulevant des questions quant à l’avenir de la concurrence et des politiques énergétiques dans la première économie d’Afrique. La raffinerie Dangote, la plus grande raffinerie de pétrole d’Afrique avec une capacité de production de 650 000 barils par jour, a été inaugurée officiellement en mai 2023 à Lagos après des années de retard et un coût dépassant les 20 milliards de dollars.
Ce projet est considéré comme l’un des projets industriels les plus ambitieux de l’histoire du continent, compte tenu de son potentiel pour contribuer à mettre fin à la dépendance du Nigeria aux importations de carburant, malgré son statut de premier producteur de pétrole brut d’Afrique. La crise actuelle a débuté en avril 2026 lorsque Dangote Oil Refining a porté plainte contre le procureur général du Nigeria et l’Autorité nigériane de régulation du pétrole et du gaz (NOGARA), les accusant d’avoir accordé ou renouvelé des licences d’importation de carburant à des sociétés de commercialisation concurrentes, dont la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), en violation de la législation nigériane qui privilégie le raffinage national.
La NOPC a répliqué en accusant Dangote de tenter d’étouffer la concurrence et de monopoliser le marché intérieur des carburants, selon des documents judiciaires consultés par Reuters, l’entreprise publique a affirmé que Dangote Refining n’avait pas fourni de preuves « crédibles, indépendantes et vérifiables » démontrant sa capacité à satisfaire l’ensemble de la demande intérieure de carburant ni à garantir un approvisionnement stable à l’échelle nationale. La NOGARA a fait valoir que la loi lui confère un pouvoir discrétionnaire pour réglementer les importations dans le cadre de la politique d’« intégration verticale », précisant qu’il n’existe aucune interdiction légale générale des importations en l’absence d’une véritable autosuffisance nationale.