Une coalition d’une dizaine de partis politiques a proposé la création d’un « Haut Conseil Électoral » indépendant en Côte d’Ivoire, un mois après la dissolution de la Commission Électorale Indépendante, l’initiative a été dévoilée le lundi 8 juin lors d’une conférence de presse donnée par l’ancienne Première Dame Simone Ehivet, qui a participé à l’élaboration de la proposition soumise au gouvernement. Cette alliance politique est menée par Simone Ehivet, avec le soutien de l’ancien ministre Charles Blé Goudé et du parti Ahoa Don Mello. Elle appelle à la mise en place d’un organe électoral indépendant pour gérer les processus électoraux, distinct des partis politiques et du pouvoir exécutif.
Selon la proposition, le Haut Conseil Électoral serait composé de 11 membres choisis au terme d’un processus compétitif et transparent, leurs nominations étant soumises à l’approbation de l’Assemblée nationale. Le Conseil comprendrait des représentants de divers secteurs, notamment les affaires, l’agriculture et le droit, reflétant la diversité de la société ivoirienne, sans la participation de représentants de partis politiques. Le projet de loi prévoit également d’octroyer aux membres du Conseil un mandat à vie, les chargeant de superviser l’organisation des élections et de procéder à la révision annuelle du registre électoral, afin de renforcer l’indépendance du processus électoral et d’en garantir l’intégrité.
Il convient de noter qu’une proposition similaire avait été formulée il y a trois ans, mais qu’elle n’avait pas suscité de réaction de la part des autorités à l’époque. Les partis soutenant cette initiative espèrent que cette fois-ci, un débat sérieux s’engagera sur l’avenir de la gestion des élections dans le pays. Simone Ehivet, présidente du Congrès des peuples ivoiriens (CPI), a déclaré que les partis soutenant le projet de loi rejettent fermement que le ministère de l’Intérieur prenne en charge l’organisation des élections, soulignant la nécessité d’un dialogue national sur cette question. Elle a ajouté que l’expérience passée a montré que les élections ont souvent été une source de crises politiques dans le pays, et que le dialogue et la recherche d’un consensus sur les mécanismes d’organisation des élections constituent le moyen d’éviter de telles crises.