Politique

Débats financiers houleux à l’occasion de l’ouverture du Parlement au Cameroun

Le Cameroun s’apprête à ouvrir sa deuxième session parlementaire annuelle en juin, dans un contexte de débats de plus en plus vifs sur la politique budgétaire, et ce, dans un climat économique et financier délicat. Les sénateurs et les députés doivent entamer leurs travaux le 9 juin, lors d’une session d’une importance particulière puisqu’elle ouvre la voie au projet de budget pour 2027. Comme c’est la tradition ces dernières années, la session parlementaire devrait inclure un examen du budget de l’année en cours par le biais d’amendements à la loi de finances, compte tenu des difficultés croissantes rencontrées par le gouvernement pour obtenir les ressources nécessaires à la mise en œuvre de ses programmes et plans de développement.

Le budget approuvé pour l’année en cours s’élève à environ 8 800 milliards de francs CFA. Cependant, la limitation des ressources et l’incertitude politique persistante liée à un remaniement ministériel, attendu depuis des mois, ont contribué à accroître l’incertitude au sein des milieux économiques. Les acteurs économiques et les analystes s’accordent à dire que l’économie camerounaise est confrontée à une grave crise de liquidités, qui a des répercussions sur les finances publiques. Les experts attribuent ces difficultés à la faiblesse des recettes fiscales et douanières, conséquence du ralentissement du secteur formel, ainsi qu’à la baisse des recettes des secteurs minier et des hydrocarbures, due à des problèmes de gouvernance et de gestion.

Parallèlement, le budget public est soumis à une forte pression en raison de la hausse des dépenses de fonctionnement de l’État et du poids du service de la dette extérieure, ce qui réduit considérablement les ressources disponibles pour financer les projets de développement et d’investissement. Cette situation a entraîné une diminution des financements alloués aux infrastructures et aux services essentiels, notamment l’amélioration des réseaux d’eau et d’électricité, la santé et le réseau routier – des secteurs prioritaires pour les citoyens de tout le pays. Le gouvernement fait également face à des critiques croissantes concernant ses retards de paiement aux prestataires de services locaux. Selon les données du Fonds indépendant des consommateurs, les factures impayées aux fournisseurs locaux dépassaient 500 milliards de francs CFA au 31 mars.

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