Le rapport fait état d’actes de violence généralisés et délibérés contre des enfants, notamment des meurtres, des enlèvements, des enrôlements forcés et des viols. La guerre au Soudan, qui a éclaté en avril 2023 entre l’armée et les FSR, se poursuit, engendrant l’une des pires crises humanitaires au monde. Les combats se sont intensifiés, les violations des droits des civils se sont multipliées, les déplacements de population se sont aggravés et les services essentiels se sont effondrés dans plusieurs États. Dans ce contexte, un récent rapport d’Amnesty International a révélé l’implication des Forces de soutien rapide (FSR) dans des « crimes contre l’humanité » et un « nettoyage ethnique » systématique visant la ville d’El Fasher, dans l’État du Darfour-Nord, lors d’attaques perpétrées dans la région entre 2024 et 2025.
Ce rapport s’appuie sur de nombreux témoignages directs, l’organisation ayant interrogé 247 victimes et témoins au Darfour-Nord entre début 2024 et octobre 2025. Les conclusions révèlent que les FSR ont mené des attaques délibérées et planifiées contre des communautés majoritairement peuplées de membres de l’ethnie Zaghawa, ce qui, selon le rapport, indique un ciblage ethnique systématique. Réagissant à ces conclusions, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a qualifié la situation de « tache sur la conscience de l’humanité ». Le rapport a également mis en lumière un schéma récurrent de comportement sur le terrain, notamment l’incendie de maisons même après la fuite des habitants, une tactique que l’organisation a jugée destinée à rendre des zones « inhabitables », renforçant ainsi la qualification de « nettoyage ethnique » de la situation.
Le rapport a par ailleurs souligné le ciblage systématique des groupes les plus vulnérables, en particulier les enfants, par diverses formes d’abus, notamment « meurtres, enlèvements, enrôlements forcés et viols ». L’organisation a également documenté que lors de l’attaque d’El Fasher en octobre 2025, les Forces de soutien rapide (FSR) ont exécuté des centaines de civils qui tentaient de fuir, et ont eu recours à la torture et aux arrestations arbitraires à grande échelle.