Politique

Guinée-Bissau : Interrogatoire du chef de l’opposition pour tentative de coup d’État présumée

Le Tribunal militaire supérieur de Bissau, la capitale, a interrogé mercredi Domingos Simões Pereira, chef de l’opposition et président du parti PAIGC, concernant son implication présumée dans une tentative de coup d’État survenue en octobre 2015. M. Pereira a comparu devant le tribunal militaire mercredi après-midi, après avoir été convoqué plus tôt dans la journée. Il a ensuite été invité à comparaître une seconde fois pour être interrogé dans le cadre de l’affaire où il est accusé d’avoir participé à la planification de cette tentative de coup d’État. Selon l’acte d’accusation, M. Pereira est inculpé d’avoir « financé les préparatifs logistiques » de la tentative de coup d’État à hauteur de 300 millions de francs CFA, soit environ 450 000 euros, et d’avoir « organisé des réunions à son domicile en vue de préparer le coup d’État ».

Le parquet a requis sa détention provisoire, mais le tribunal l’a autorisé à quitter le palais de justice et à rentrer chez lui dans l’attente d’une décision judiciaire sur son statut légal. Le juge d’instruction a indiqué que son sort serait décidé dans les heures ou les jours suivants. À la suite de l’audience, l’équipe de défense de Pereira a critiqué la procédure, arguant du manque d’impartialité du tribunal militaire et contestant que l’affaire ait été traitée par une juridiction militaire plutôt que par un tribunal civil. Dans un communiqué publié mercredi, les avocats de Pereira ont déclaré que le juge présidant l’affaire avait été contraint à la démission et remplacé par le juge Mamadou Embaló, qu’ils ont présenté comme un cousin de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Ils ont également souligné que plusieurs membres de sa famille occupent des postes importants au sein des institutions étatiques.

  Le Botswana se prépare aux élections générales, le parti au pouvoir promet le « changement » et l’opposition est sceptique

L’opposition accuse l’ancien président Umaro Sissoco Embaló et les dirigeants militaires de collusion, affirmant que la tentative de coup d’État présumée visait à maintenir le pouvoir après les premiers signes de résultats électoraux défavorables et à empêcher l’opposition d’accéder au pouvoir. L’équipe de défense a également soutenu que les poursuites engagées contre le chef du parti PAIGC avaient pour but de l’empêcher de se représenter aux élections prévues le 6 décembre, élections que les dirigeants de la junte militaire avaient présentées comme une étape vers le rétablissement d’un régime civil.

Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top