La Haute Cour de Kampala, la capitale ougandaise, a entamé lundi 13 juillet 2026 le procès du vétéran de l’opposition Kizza Besigye, accusé de trahison. Sa défense a dénoncé une violation des garanties d’un procès équitable, affirmant que Besigye avait été conduit de force de sa cellule au tribunal. Besigye est accusé de complot en vue de renverser le gouvernement ougandais par la force et est emprisonné depuis son enlèvement au Kenya en 2024. Après des mois d’audiences préliminaires, le tribunal a commencé à entendre les témoins dans ce qui est considéré comme l’un des procès politiques les plus importants du pays.
L’un des avocats de Besigye a déclaré que son client avait été extrait de force de sa cellule pour être conduit au tribunal, qualifiant l’incident de « sans précédent ». Cette décision fait suite à l’annonce du boycott du procès par plusieurs membres de l’équipe de la défense, qui ont déclaré ne plus pouvoir exercer leurs fonctions en l’absence, selon eux, de conditions garantissant un procès équitable. L’équipe de la défense a expliqué que sa décision était consécutive à l’arrestation de l’éminent avocat Elias Lukwago et à l’interdiction d’entrée en Ouganda imposée à l’avocate kényane Martha Karua. Elle a fait valoir que ces mesures compromettaient sa capacité à représenter son client de manière indépendante.
En réponse, le tribunal a décidé de désigner des avocats commis d’office pour représenter Besigye. Cependant, la défense a souligné que le chef de l’opposition rejette toute représentation légale imposée par l’État et insiste pour se défendre lui-même ou par l’intermédiaire de son équipe juridique. Les avocats de Besigye ont également affirmé être la cible de menaces persistantes. Parallèlement, les partisans du chef de l’opposition ont accusé le pouvoir judiciaire de tenter d’accélérer la procédure, craignant qu’un verdict ne soit rendu avant la fin du mois de juillet, ce qu’ils interprètent comme le signe d’un procès potentiellement précipité. Par ailleurs, plusieurs journalistes présents à l’audience ont rapporté que les autorités les avaient empêchés d’utiliser leurs téléphones portables à l’intérieur du tribunal, entravant ainsi la couverture médiatique de la première session de ce procès très suivi, tant en Ouganda qu’à l’étranger.