Plus de 160 000 étrangers ont quitté l’Afrique du Sud ces deux derniers mois, face à une recrudescence de l’hostilité violente de groupes locaux envers les migrants sans papiers, selon un décompte de l’AFP basé sur les données de leurs gouvernements d’origine, qui ont procédé à leur rapatriement. Le pays a été le théâtre de plusieurs semaines de manifestations, dont beaucoup ont dégénéré en violences, faisant au moins quatre morts parmi les migrants. Certains gouvernements étrangers font état d’un bilan plus lourd. Alors que des groupes anti-immigration pressaient les migrants sans papiers de quitter le pays avant le 30 juin, des citoyens d’autres pays africains se sont rendus en masse dans les consulats et les centres communautaires pour demander leur rapatriement.
Nombre d’entre eux n’emportaient que le strict nécessaire, craignant pour leur vie. La plupart des personnes parties étaient originaires du Zimbabwe et du Malawi, mais beaucoup venaient également de pays comme le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Mozambique, le Nigeria et l’Ouganda. Le gouvernement zimbabwéen a annoncé mardi, dans des chiffres publiés récemment, que 108 366 de ses citoyens étaient rentrés chez eux au 18 juillet. Lundi, le Malawi a annoncé que plus de 46 890 de ses citoyens étaient rentrés depuis début juin, grâce à un dispositif affrété par 699 bus mis à leur disposition pour le long voyage de retour. Six d’entre eux sont décédés en cours de route. Selon les données du gouvernement sud-africain, environ 2 000 personnes sont également rentrées du Mozambique.
Certaines ont franchi la frontière avec l’aide de leur gouvernement après la mort de deux citoyens mozambicains fin mai, lors de violences consécutives à une manifestation dans la ville de Mussel Bay (sud du pays). Il s’agissait des premières victimes de la récente vague de violences xénophobes en Afrique du Sud. Les autorités ont par la suite confirmé les décès d’un Éthiopien et d’un Malawien, dans un contexte de montée du sentiment xénophobe. Le Nigeria a également annoncé la mort de deux de ses citoyens lors des manifestations xénophobes et des attaques contre les migrants. Le Nigeria a rapatrié environ 1 490 citoyens et le Ghana au moins 926, selon les chiffres officiels.