Société

Mutation génétique : le parasite du paludisme développe une résistance aux traitements en Afrique

Une étude récente a révélé que le parasite du paludisme a développé des mécanismes de résistance aux médicaments plus complexes en Afrique, avec l’apparition de mutations qui le rendent résistant aux traitements anciens comme aux traitements actuellement utilisés. Ceci soulève des inquiétudes quant à une possible baisse d’efficacité de certaines thérapies à l’avenir. Le paludisme demeure l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde, touchant environ 282 millions de personnes et causant près de 610 000 décès en 2024, contre environ 598 000 en 2023, selon les dernières estimations de l’Organisation mondiale de la Santé.

La grande majorité des décès surviennent en Afrique, les enfants de moins de cinq ans représentant environ les trois quarts des décès. La résistance croissante du parasite aux médicaments complique davantage les efforts d’éradication de la maladie. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont analysé 605 échantillons du parasite Plasmodium falciparum prélevés dans 15 régions d’Éthiopie. Les résultats ont révélé des signes persistants de résistance à la chloroquine dans 61,2 % des échantillons, malgré l’arrêt de son utilisation il y a plusieurs décennies pour le traitement de ce type de paludisme. Une résistance à la sulfadoxine-pyriméthamine a également été observée dans 42,8 % des échantillons, bien que l’utilisation de ce médicament en Éthiopie soit interrompue depuis 2005.

Les chercheurs ont détecté des signes de résistance partielle à l’artémisinine, un des antipaludiques les plus importants, dans 10 % des échantillons, avec un taux atteignant 48,6 % dans une région. Un marqueur génétique associé à une sensibilité réduite à la luméfantrine a été identifié dans 93 % des échantillons analysés. Le paludisme est une maladie parasitaire transmise principalement par la piqûre de moustiques femelles du genre Anopheles infectés. L’agent causal le plus dangereux est le parasite Plasmodium falciparum. Les chercheurs soulignent que ces résultats ne signifient pas que les traitements actuels sont inefficaces, mais ils révèlent que la résistance au paludisme n’est pas uniforme dans toutes les régions et que le parasite conserve ses résistances existantes tout en en développant de nouvelles.

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