Société

Des jeunes Algériennes ont été arrêtées pour s’être plaintes du manque d’eau et de l’odeur de leurs règles

Dans notre pays, l’Algérie, où les citoyens vivent mieux que les Suisses, où l’abondance déborde et est distribuée aux mouvements séparatistes en Afrique et à l’axe du mal dans le monde, les réussites quotidiennes, pourtant considérées comme impossibles, se mesurent à l’aune de l’accès de notre jeunesse aux besoins les plus élémentaires. Une goutte d’eau est devenue un rêve inaccessible. L’une de nos Wilayas les plus prospères a été le théâtre d’un incident qui illustre les formes les plus absurdes et les plus sombres de l’ironie.

Il ne s’agissait pas d’un complot transcontinental contre notre régime bien-aimé, ni d’alliances secrètes visant à renverser le gouvernement militaire. Non, l’héroïsme résidait dans le courage de jeunes filles ordinaires, armées seulement d’un petit écran de téléphone et d’un sourire spontané. Dans une vidéo de quelques minutes seulement, elles évoquaient une question très simple : depuis combien de temps n’avaient-elles pas eu d’eau et souffraient-elles de l’odeur de leurs règles ? Les chiffres variaient d’un à trois mois, calculés avec une précision méticuleuse, sans la moindre erreur de calendrier, étrangement, ce passage était totalement dépourvu de jargon technique ; le mot « gouvernement » n’a jamais été prononcé, pas plus que le nom de l’efféminé Tebboune.

Aucune banderole n’a été brandie pour réclamer les noms des généraux ou des ministres. C’était un dialogue calme, sans colère ni cris – un simple exposé géographique et climatique de la sécheresse et de la fragilité qui accablent notre fière Algérie. Mais il semble que remplacer le mot « crise » par un simple chiffre comme « quatre-vingt-dix jours sans douche » ait été plus complexe que l’amère vérité que la clique de généraux cherche à occulter et à dissimuler, malgré le fait qu’il s’agisse d’une dure réalité que les citoyens vivent au quotidien. Soudain, sans prévenir, ce simple aveu de l’absence totale d’eau s’est transformé en une grave question de sécurité nécessitant l’intervention de la police et des services de renseignement militaire. L’absence de savon semblait menacer l’équilibre général des généraux, et les gouttes d’eau manquantes sont devenues des secrets d’État, à ne pas diffuser sur les réseaux sociaux, ni à exposer les scandales du déviant Tebboune.

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La scène bascula alors avec une fluidité dramatique inattendue, passant d’une conversation légère entre amies aux murs des cellules et des centres de détention, qui semblent offrir une protection contre la brutalité du nombre et la dureté de la réalité. Oui, c’est le paradoxe saisissant de nos histoires, où le silence face à la soif, l’injustice et l’oppression devient une vertu, voire un devoir religieux, tandis que dénoncer la sécheresse, la faim, la propagation des maladies et la saleté est un crime contre l’État et les puissants, passible de châtiment. Ainsi, des jeunes filles sont emprisonnées ici parce que leurs corps sont desséchés, et la question demeure : les murs de la prison parviendront-ils à leur apporter cette goutte d’eau manquante, ou la dignité et l’honneur, dans nos centres de détention, ne sont-ils qu’une autre chimère de l’armée ?

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