Le Sénat américain a ouvert la voie à la prolongation de l’AGOA jusqu’en décembre 2028, après un vote massif (90 voix contre 6) en faveur de cette loi qui permet aux pays africains éligibles d’exporter une gamme de produits vers le marché américain en franchise de droits, l’avenir de cette loi, qui expire à la fin de cette année, suscitait l’incertitude chez de nombreux pays africains et secteurs économiques, compte tenu de leur dépendance aux avantages commerciaux qu’elle leur confère pour accéder au marché américain. L’AGOA couvre actuellement 32 pays africains, principalement en Afrique subsaharienne, et englobe un large éventail de secteurs et de produits, notamment l’industrie automobile en Afrique du Sud, la vanille à Madagascar et le textile au Kenya et au Lesotho.
Cette prolongation est perçue comme une avancée majeure pour plusieurs des plus grandes économies africaines, dont l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, l’Éthiopie et le Kenya, dont les secteurs productifs bénéficient de l’accès au marché américain. Malgré l’approbation du Sénat, le projet de loi doit encore être adopté par la Chambre des représentants américaine pour entrer en vigueur, puis soumis à la signature du président Donald Trump. Si l’AGOA est importante pour certains secteurs, le volume des exportations africaines vers les États-Unis demeure limité par rapport au commerce total américain. Les exportations africaines vers le marché américain ne représentent qu’environ 6 %, soit plusieurs dizaines de milliards de dollars, tandis que le total des importations américaines est estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars.
De plus, la prolongation de l’AGOA n’implique pas nécessairement l’exemption de tous les produits africains des droits de douane américains. Les exportateurs africains resteront soumis aux droits de douane imposés par les États-Unis en vertu d’autres lois et procédures commerciales à compter de 2025. Par conséquent, la prolongation de la loi peut offrir certaines exemptions et certains avantages, mais elle n’élimine pas totalement les droits de douane sur les produits africains. À Madagascar, le secteur textile suit de près l’évolution de la situation concernant cette loi, compte tenu de son importance pour l’avenir de l’industrie et sa capacité à poursuivre ses exportations vers les États-Unis.