En surface, le damas apparaît vert, à croissance rapide et facile à tailler. Mais sous terre, c’est une tout autre histoire : ses racines, avides d’humidité, s’infiltrent par les points faibles des canalisations d’eau et d’assainissement du Soudan, puis s’y développent jusqu’à former des enchevêtrements denses qui entravent l’écoulement de l’eau et peuvent obstruer complètement les conduites. À Khartoum, le damas n’est plus seulement un arbre d’ornement ou d’ombrage. Selon les déclarations officielles de l’Autorité des eaux de l’État de Khartoum, il est devenu l’un des problèmes auxquels sont confrontés les ingénieurs et les équipes de maintenance des services des eaux, l’autorité ayant constaté à plusieurs reprises l’élimination de grandes quantités de ses racines et de ses fibres à l’intérieur des canalisations.
Dans certains quartiers soudanais, l’arbre porte un nom populaire et ironique : « Le Congrès national », en référence au parti de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir. Ce nom a une connotation négative, associé dans l’imaginaire collectif à la prolifération rapide de l’arbre, à la pénétration de ses racines et à la difficulté de l’éradiquer – une comparaison satirique avec une plante envahissante et difficile à déraciner. Certains le surnomment la « seconde plante du diable », en référence aux mesquites, introduits au Soudan pour lutter contre la désertification avant que leur prolifération ne devienne un problème environnemental majeur. La similitude réside dans leur croissance rapide et leur capacité à résister à des conditions difficiles. Cependant, le problème posé par le damas prend une autre dimension lorsque ses racines atteignent les infrastructures souterraines.
Des sources haut placées au sein de la Société d’État des eaux de Khartoum ont indiqué à Al-Arabiya.net que les racines et les fibres du damas sont devenues une cause importante de coupures d’eau ou de baisse de pression dans plusieurs quartiers de l’État, en raison des obstructions qu’elles provoquent dans les canalisations et des interruptions de l’approvisionnement en eau. Ces sources ont expliqué que les racines peuvent s’infiltrer dans les canalisations par des fissures ou des raccords mal étanches, notamment en cas de fuite d’eau. Elles continuent ensuite de croître à l’intérieur, profitant de l’humidité constante, avant de s’enchevêtrer et de former de gros amas qui rétrécissent le débit d’eau et peuvent, à terme, provoquer un blocage complet.