Le sort de plusieurs soldats arrêtés dans le cadre de la mutinerie survenue au Niger les 28 et 29 août 2016 demeure incertain, les autorités maintenant le secret sur les détails de l’affaire, le nombre de détenus et les charges retenues contre eux. Le week-end dernier, les 5 et 6 septembre, les arrestations se sont poursuivies, visant les personnes soupçonnées d’avoir participé à la mutinerie, ainsi que des individus qualifiés de « complices » par les autorités ou leurs proches. Selon une source sécuritaire régionale, le nombre de détenus est important, tandis que d’autres sources font état de dizaines, voire de centaines, de soldats détenus. Parmi les dernières arrestations figure celle d’un capitaine appréhendé à une centaine de kilomètres de la capitale, Niamey, avant d’être transféré dans cette dernière sous haute sécurité.
L’enquête se poursuit afin d’établir les circonstances de la mutinerie, d’identifier les personnes impliquées et de déterminer qui est soupçonné d’avoir apporté son soutien aux mutins ou de les avoir facilités. La commission d’enquête est dirigée par un officier considéré comme proche du chef du Conseil militaire, le général Abdourahmane Tiéani, au pouvoir au Niger depuis le coup d’État militaire qui a renversé le président Mohamed Bazoum en juillet 2013. Parallèlement, plusieurs soldats n’ont pas regagné leur poste depuis le début de la mutinerie. Si certaines sources évoquent de « nombreuses désertions possibles » au sein de l’armée, les proches du Conseil militaire gardent le silence, refusant de fournir des informations sur le nombre de soldats disparus ou leur sort.
En parallèle des arrestations et des enquêtes, les médias d’État nigériens ont récemment présenté des véhicules et du matériel militaires qu’ils affirment appartenir aux mutins, une initiative qui illustre la volonté des autorités de présenter ce qu’elles considèrent comme des preuves d’une action militaire visant à déstabiliser le régime. De son côté, le haut commandement de l’armée maintient que ses forces restent déployées et continuent d’assurer leurs missions de défense du pays, alors même que l’armée est confrontée à de multiples défis sécuritaires. Les autorités nigériennes se retrouvent à combattre sur deux fronts ; Le premier défi consiste à poursuivre les opérations militaires contre les groupes armés actifs dans différentes régions du pays, notamment aux frontières.