Politique

L’ambassadeur américain en Afrique du Sud réitère ses critiques à l’encontre de Ramaphosa

L’ambassadeur américain en Afrique du Sud, Brent Bozell III, a réitéré les critiques de Washington à l’égard du président Cyril Ramaphosa, accusant le dirigeant sud-africain de ne pas avoir condamné ce que l’administration Trump considère comme une incitation à la violence contre les citoyens blancs. Dans des déclarations à « Fox News Digital », M. Bozell a affirmé que Pretoria avait ignoré les demandes répétées des États-Unis de condamner le slogan controversé « Tuez le Boer » (Kill the Boer), devenu le point central d’un différend de plus en plus vif entre Washington et Pretoria. Il convient de noter que les « Boers » sont des citoyens sud-africains blancs d’origine néerlandaise ou huguenote (protestants français).

M. Bozell a déclaré : « Nous avons un président sud-africain qui refuse de condamner une incitation au meurtre », estimant que Ramaphosa pourrait rejeter publiquement ce slogan, indépendamment des décisions de justice ayant protégé son usage. Le slogan « Tuez le Boer » est issu d’une chanson de lutte sud-africaine dont les racines remontent à l’époque de la lutte contre le régime de l’apartheid. Cette chanson a refait surface dans la période post-apartheid, reprise par des personnalités politiques telles que Julius Malema, ancien dirigeant de la Ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC) et actuel chef du parti d’opposition « Economic Freedom Fighters » (Combattants pour la liberté économique). Le statut juridique de la chanson a fait l’objet de longues batailles judiciaires ; En 2010, un tribunal sud-africain a statué que la chanson constituait un discours de haine.
Toutefois, des décisions judiciaires ultérieures ont adopté un point de vue différent ; en 2022, le « Tribunal de l’égalité » a estimé que la chanson — lorsqu’elle est interprétée dans un contexte politique — ne relevait pas du discours de haine, considérant qu’un observateur raisonnable la percevrait comme un chant de lutte historique plutôt que comme un appel littéral à la violence. La Cour suprême d’appel a confirmé cette position en 2024, et la Cour constitutionnelle a refusé d’examiner un nouveau recours en 2025, maintenant ainsi ces décisions en vigueur. Les déclarations de Brigety sont intervenues quelques jours après qu’il a été convoqué par le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération et réprimandé pour ce que les autorités ont qualifié de « comportement non diplomatique ».

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