Une nouvelle vague de violences visant les migrants a éclaté en Afrique du Sud : au moins 24 véhicules ont été incendiés et des commerces appartenant à des étrangers ont été pillés à Soweto et à Durban. Ces incidents surviennent dans un contexte de manifestations anti-immigration déclenchées par une décision de justice autorisant certains migrants entrés illégalement dans le pays à déposer une demande d’asile. Les troubles ont débuté jeudi à Soweto, vaste zone urbaine située près de Johannesburg (la plus grande ville du pays), ainsi qu’à Durban, l’un des principaux ports de la côte est. Ces violences surviennent alors que la colère monte face à une décision de justice permettant à certains migrants entrés illégalement sur le territoire de solliciter l’asile.
Cette situation a entraîné la formation de longues files d’attente devant les centres de services aux migrants ; de son côté, le gouvernement a annoncé vendredi qu’il modifierait les modalités d’application de la décision de justice, sans toutefois fournir de détails. Le ministère de l’Intérieur a déclaré que la politique actuelle avait conduit à un « épuisement » de son personnel et fait émerger de « graves menaces pour la sécurité et l’ordre publics », tout en précisant que la nouvelle politique resterait conforme à l’arrêt de la Cour constitutionnelle, l’Afrique du Sud a connu par le passé des vagues récurrentes de violences xénophobes, ciblant souvent des migrants originaires des pays voisins.
La manifestation de jeudi a dégénéré en violences après des allégations selon lesquelles un ressortissant étranger aurait agressé un manifestant à Durban.
La police a indiqué que trois étrangers avaient été interpellés en lien avec cette agression présumée. À Durban, dans la province du KwaZulu-Natal (est du pays), des manifestants se sont rassemblés devant un centre gouvernemental d’accueil des réfugiés pour exiger l’arrêt du traitement des demandes d’asile. La police a fait usage de balles en caoutchouc pour disperser la foule, tandis que les entreprises et les commerces du centre-ville fermaient leurs portes. Un haut responsable de la police, Zolani Fihla, a déclaré au radiodiffuseur public SABC : « Des affrontements ont éclaté entre des étrangers présents dans la zone et des citoyens sud-africains ».