La violence, les chocs climatiques et le manque de financement ont contraint environ 4 millions de personnes à fuir leur foyer dans les pays de l’Alliance du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — dont plus de 818 000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon une alerte lancée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Dans un communiqué, le HCR a déclaré que « la crise s’aggrave sous l’effet de la poursuite des attaques visant les populations civiles, des chocs liés au climat et du grave déficit de financement de l’aide humanitaire ». Une intensification des déplacements dans la zone de l’Alliance du Sahel depuis 2020.
Le directeur régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Abdouraouf Gnon-Kondé, a exprimé son inquiétude face à l’escalade des tensions dans la région du Sahel central, au retour d’une visite au Mali et au Burkina Faso, alors même que « l’intérêt international diminue ». Lors d’une conférence de presse à Genève, M. Gnon-Kondé a déclaré que « l’insécurité et les activités des groupes armés débordent de plus en plus les frontières, et que les incidents de sécurité ont presque doublé depuis 2020 ». Il a ajouté que cette situation affaiblit la présence de l’État, limite l’accès aux populations et accroît les risques auxquels sont exposés les déplacés ainsi que les communautés qui les accueillent. Il a précisé que le nombre de personnes déplacées dans ces trois pays, dirigés par des juntes militaires, « a presque doublé depuis 2020, pour atteindre actuellement environ 4 millions de personnes ».
La crise exerce une pression croissante sur les systèmes d’asile, les services publics et les moyens de subsistance. Au Mali, la plupart des réfugiés proviennent du Burkina Faso voisin. Dans la localité de Koro, au centre du pays, quelque 86 000 réfugiés burkinabè ont été recensés en juillet, à la suite de plusieurs vagues de déplacement survenues depuis 2025. Parmi eux, plus de 14 000 enfants et 6 000 femmes ont été classés parmi les groupes les plus vulnérables.