Politique

L’opposition et la société civile réitèrent leur refus de dialoguer avec le pouvoir au Togo

Au Togo, des coalitions regroupant des partis d’opposition et des organisations de la société civile continuent de refuser tout dialogue avec les autorités, réclamant l’instauration d’une période de transition. Cette position s’inscrit dans le contexte de la réforme constitutionnelle adoptée en mars 2024, qui a transformé le régime politique du pays, passant d’un système présidentiel à un système parlementaire. Ces coalitions s’articulent autour du « Manifeste Génération Togo ». Leur position s’appuie sur une décision rendue en janvier 2026 par la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui a condamné Lomé, la capitale togolaise, pour avoir opéré ce qui a été qualifié de « changement inconstitutionnel de gouvernement ».

Le « Manifeste Génération Togo » a réaffirmé son refus de dialoguer avec les autorités en réponse aux déclarations de Gilbert Bawara, ministre chargé des Relations avec les institutions. Ce dernier a défendu la position du gouvernement concernant le dialogue avec les forces politiques, imputant à l’opposition la responsabilité de sa non-participation aux initiatives de concertation lancées par le pouvoir. La réaction de la coalition fait suite à une intervention de M. Bawara devant le Parlement. Cette intervention répondait elle-même à une question posée par une députée de l’opposition ; celle-ci critiquait le fait que le président de l’Assemblée, Faure Gnassingbé — qui occupe également la fonction de médiateur de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs — se concentre sur la résolution de crises extérieures, alors même que le Togo traverse des crises internes nécessitant une attention directe de la part de ses dirigeants politiques.

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Lors de son intervention, Bawara a défendu le bilan du président Gnassingbé, affirmant que le gouvernement était ouvert au dialogue. Il a toutefois rejeté la responsabilité sur les adversaires politiques, leur reprochant de refuser de participer au « Cadre permanent de concertation » mis en place par les autorités. En revanche, les membres du collectif « Appel pour une génération togolaise » (ou « Manifeste pour une génération togolaise ») réfutent la version gouvernementale concernant le dialogue. Ils qualifient les initiatives proposées par le pouvoir de « vieux stratagème » ou de « dialogue trompeur », estimant que les expériences passées n’ont abouti à aucun changement concret dans le paysage politique du pays.

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