Société

Un rapport met en garde contre l’expansion des centres d’escroquerie en ligne au Cameroun

Dans un nouveau rapport, l’Institut d’études de sécurité (ISS) alerte sur la multiplication des escroqueries en ligne au Cameroun. Le document souligne que ces activités ne se limitent plus à causer des pertes financières et des préjudices économiques graves aux familles ; elles constituent désormais une porte d’entrée vers la traite des êtres humains. Des réseaux criminels transnationaux exploitent leurs victimes, les contraignant à participer eux-mêmes à ces opérations frauduleuses. À l’instar des centres d’escroquerie observés en Asie, ces réseaux attirent des individus, les retiennent captifs et les forcent à mener des escroqueries ciblant d’autres victimes.

En juin dernier, le Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie camerounaise a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel opérant selon ce modèle. L’opération a conduit à l’arrestation de 13 personnes, tandis que plus de 600 victimes ont été identifiées. Les enquêtes ont révélé que ces individus étaient retenus de force dans des bâtiments situés dans plusieurs villes camerounaises — notamment Douala, Bafoussam, Ebolowa, Kye-Ossi, Bertoua, Ngaoundéré, Maroua, Garoua et Yaoundé. Ils y étaient contraints d’attirer de nouvelles victimes, dans le cadre d’une activité criminelle qui instrumentalise les personnes séquestrées pour étendre ses opérations. Ces réseaux emploient une approche pyramidale pour recruter leurs victimes : les membres du réseau se font passer pour des recruteurs et utilisent les réseaux sociaux pour diffuser des annonces proposant de faux emplois ou des opportunités d’études à l’étranger.

Après avoir convaincu leurs cibles du sérieux de ces offres, les auteurs exigent le paiement de frais de recrutement ou d’autres sommes d’argent, avant d’attirer les victimes vers des lieux où elles sont retenues captives et contraintes de participer à des opérations d’escroquerie en ligne. Certains de ces lieux sont transformés en dortoirs collectifs pour loger les personnes séquestrées. Ces dernières subissent une pression constante, les poussant à attirer à leur tour leurs proches et connaissances, et à les convaincre d’intégrer le même système. Ainsi, les victimes de l’escroquerie deviennent des instruments utilisés par les réseaux criminels pour cibler davantage de personnes et élargir le cercle de l’exploitation.

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