Le gouvernement nigérian a engagé une firme de lobbying américaine afin de renforcer ses relations avec l’administration Trump et de contrer ce qu’il décrit comme des informations trompeuses provenant de groupes chrétiens évangéliques et d’autres sources, qui minimisent ses efforts pour protéger les chrétiens du pays. Le président américain Donald Trump a de nouveau classé le Nigeria parmi les « pays suscitant une préoccupation particulière » en novembre, menaçant d’une intervention militaire si le pays ne mettait pas fin aux meurtres de chrétiens. Par la suite, les États-Unis ont mené une frappe aérienne au Nigeria, que Trump a présentée comme visant des combattants affiliés à l’organisation État islamique.
Le gouvernement nigérian a affirmé qu’il déployait tous les efforts possibles pour lutter contre les groupes violents, qui attaquent aussi bien les civils musulmans que chrétiens, et a nié l’existence d’une persécution systématique des chrétiens. Le Nigeria a engagé la société de conseil **DCI Group**, basée à Washington, pour une durée initiale de six mois contre 4,5 millions de dollars, avec un montant similaire prévu pour les six mois suivants, selon un dossier déposé auprès du ministère de la Justice américain le 18 décembre et publié sur son site internet. Un porte-parole de DCI Group a confirmé l’authenticité du dossier, qui a été relayé dans les médias nigérians le mercredi. Il a déclaré : « Nous sommes ravis de soutenir le gouvernement nigérian dans la communication de ses efforts continus et croissants pour protéger les chrétiens et les fidèles de toutes les religions contre les groupes radicaux jihadistes et d’autres éléments déstabilisants, ainsi que dans le développement de relations commerciales et économiques bénéfiques pour nos deux pays ».
Sur son site internet, DCI Group se présente comme composée d’« opérateurs politiques chevronnés et de stratèges en communication », et comme des « experts en reformulation des récits extérieurs et en diffusion du bon message au bon public ». Le Nigeria fait face à une insurrection persistante de longue date dans le nord-est du pays, à des bandes armées de kidnappeurs dans le nord-ouest, ainsi qu’à des affrontements entre éleveurs, majoritairement musulmans, et agriculteurs, en majorité chrétiens, dans une zone instable qui s’étend à travers le centre du pays ouest-africain.