Après des semaines de tensions diplomatiques entre Kinshasa et Londres, les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont annoncé leur accord pour accueillir leurs citoyens menacés d’expulsion du Royaume-Uni. Africa Report précise que cette décision est conditionnée par le respect de certaines procédures. La question de l’expulsion des migrants sans papiers au Royaume-Uni est un sujet majeur depuis le mandat du gouvernement de Boris Johnson (2019-2022) et alimente un vaste débat politique. Malgré la déclaration du Premier ministre actuel, Keir Starmer, selon laquelle le projet d’expulser les demandeurs d’asile vers le Rwanda est « définitivement abandonné », son gouvernement maintient sa politique de renvoi des personnes considérées comme résidant illégalement sur le territoire.
D’après Africa Report, Londres a accusé la RDC de traîner des pieds pour accueillir ses citoyens sans papiers, ce qui l’a incitée, en décembre dernier, à imposer des restrictions à la délivrance de visas aux ressortissants congolais, menaçant de les durcir davantage si la coopération ne s’améliorait pas rapidement. L’accord a été annoncé le 6 février à la suite d’entretiens entre le vice-ministre congolais chargé de la Diaspora et de la Francophonie, Crispin Mbadu, et l’ambassadrice britannique à Kinshasa, Alison King. La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, s’est félicitée de cet accord, le qualifiant d’avertissement aux autres pays qui hésiteraient à rapatrier leurs ressortissants, et soulignant que « le refus des gouvernements étrangers de reprendre leurs citoyens aura des conséquences ».
En réponse, Kinshasa tente de sauver la face en insistant sur le fait que les expulsions doivent être effectuées selon des procédures « humaines et transparentes », et en soulignant la nécessité de vérifier au préalable l’identité et la nationalité des personnes expulsées. Selon le journal, l’accord prévoit également le retour des personnes condamnées au Royaume-Uni. Ces accords ne se limitent pas à la République démocratique du Congo, l’Angola et la Namibie ayant également accepté de coopérer avec Londres sur cette question. Selon les estimations officielles, plus de 3 000 migrants en situation irrégulière originaires de ces trois pays pourraient être expulsés en vertu de ces dispositions.