Le gouvernement ghanéen a annoncé la fin des pourparlers bilatéraux avec le Togo concernant la délimitation de leur frontière maritime, après huit années de négociations infructueuses. Dans un communiqué officiel, la présidence ghanéenne a confirmé qu’Accra a décidé de saisir le Tribunal international du droit de la mer, conformément aux dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, afin de parvenir à une solution définitive et contraignante qui mette fin à ce différend qui dure depuis des décennies. Le communiqué explique que cette décision découle de la volonté des autorités ghanéennes d’« éviter toute escalade » susceptible d’exacerber les tensions existantes entre certaines institutions des deux pays.
Il souligne que le recours à l’arbitrage international est devenu l’option la plus rationnelle après l’épuisement de toutes les tentatives de négociation directe. Ce différend remonte à une cinquantaine d’années, le Togo contestant la légitimité de la frontière maritime actuelle, héritée de l’époque coloniale. En 2018, Accra et Lomé ont convenu de former un comité préliminaire en vue d’entamer des négociations formelles. Cependant, les réunions de ce comité – et les différents cycles de négociations qui ont suivi – n’ont pas permis de réaliser de véritable avancée. En 2021, le Togo a catégoriquement rejeté une proposition ghanéenne visant à établir une frontière maritime provisoire, arguant que le Ghana exploitait déjà une partie de la zone contestée, ce que Lomé considérait comme une atteinte à sa souveraineté. Malgré une rencontre de haut niveau entre les présidents des deux pays en 2022, la situation est restée au point mort, sans aucun signe de progrès.
La position du Ghana s’appuie également sur un précédent similaire dans la région. Le Ghana avait un différend frontalier analogue avec la Côte d’Ivoire avant que le Tribunal international du droit de la mer ne se prononce en faveur d’Accra en 2017, mettant ainsi fin à un long conflit, le Ghana estime que ce précédent juridique renforce sa position et démontre l’efficacité du recours à l’arbitrage international dans les différends complexes relatifs aux frontières maritimes. En saisissant officiellement le tribunal international, le Ghana ouvre un nouveau chapitre dans ce conflit régional de longue date.