Les négociants ont repris leurs achats de cacao en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, après que le pays a accepté de vendre aux prix mondiaux. Cette décision marque un revirement par rapport à la politique de prime qui imposait un prix plus élevé et qui avait provoqué un bras de fer avec les acheteurs, laissant des centaines de milliers de tonnes invendues, selon Bloomberg. Le Conseil ivoirien du café et du cacao a autorisé des contrats d’achat anticipé pour la deuxième récolte, qui débute en avril, sans appliquer les primes destinées à soutenir les revenus des agriculteurs et à garantir la qualité, rapporte Bloomberg, citant des sources anonymes.
Les entreprises s’étaient abstenues d’acheter en raison de ces primes, qui augmentaient les prix de 250 à 470 dollars la tonne par rapport aux contrats à terme mondiaux. Ce changement représente une évolution majeure pour la Côte d’Ivoire qui, à l’instar du Ghana, avait instauré en 2020 une prime de 400 dollars la tonne, dite « prime de revenu vital », afin d’améliorer les revenus des agriculteurs, en plus d’une prime distincte liée à la qualité. Ce changement reflète les difficultés rencontrées par les principaux pays producteurs, la demande diminuant en raison de la flambée des prix. À New York, les contrats à terme sur le cacao ont frôlé les 13 000 dollars la tonne fin 2024 avant de s’effondrer.
La récolte secondaire représente environ un quart de la production annuelle et est estimée entre 400 000 et 450 000 tonnes cette année, selon Bloomberg. Mercredi, à New York, les contrats à terme sur le cacao se négociaient près de 3 100 dollars la tonne, après avoir atteint, lors de la séance précédente, des niveaux inédits depuis 2023, producteurs et analystes prévoient l’arrivée de cacao moins cher dans les rayons des supermarchés au cours du second semestre, mais même cette prévision reste incertaine. De ce fait, les familles déjà confrontées à la hausse des prix alimentaires, de la viande au café, devront sérieusement se demander si le chocolat restera abordable, d’après un rapport Bloomberg publié en décembre dernier. La flambée des prix en 2024 a profondément marqué le secteur du cacao.