Politique

Soudan du Sud : La MINUSS refuse de quitter Akobo, ville de l’est ciblée par l’armée

La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) a annoncé que ses Casques bleus resteraient à Akobo afin d’assurer la protection des civils dans cette ville de l’est du pays, frontalière de l’Éthiopie. L’armée considère Akobo comme un bastion du mouvement d’opposition dirigé par Riek Machar, assigné à résidence depuis mars 2015, vendredi, l’armée a lancé un ultimatum de 72 heures aux Casques bleus, aux ONG et aux civils, exigeant leur retrait en prévision d’une offensive militaire contre le bastion de l’opposition du vice-président Riek Machar, actuellement détenu à Juba, la capitale. Malgré les déplacements massifs de population, l’ONU n’a pas accédé à l’ultimatum. Après plus de deux jours de silence, l’ONU a rejeté l’ordre du gouvernement.

Dans un communiqué, la MINUSS a déclaré : « La Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) réaffirme que ses Casques bleus resteront à Akobo pour assurer la protection des civils », malgré l’expiration de l’ultimatum du gouvernement. « Toute opération militaire à Akobo et dans ses environs mettrait gravement en danger la sécurité des civils », a déclaré Anita Kiki Gbeho, Représentante spéciale des Nations Unies pour le Soudan du Sud. L’ONU a également annoncé être engagée dans des négociations « intensives » avec les autorités de Juba concernant l’offensive militaire prévue sur Akobo. Parallèlement, les pays de la Troïka (États-Unis, Royaume-Uni et Norvège) ont demandé une rencontre avec le président Salva Kiir afin de stopper l’offensive.

Dans une lettre adressée au président Salva Kiir, les pays de la Troïka ont exprimé leur « profonde préoccupation » concernant l’ordre d’évacuation. Les ambassadeurs des États-Unis, du Royaume-Uni et de Norvège ont écrit : « Nous demandons instamment son annulation », exprimant leur crainte de « nouvelles victimes et de déplacements de population » si l’offensive se poursuit. Selon l’ONU, 270 000 civils vivaient à Akobo. Durant le week-end, la grande majorité de la population a traversé le fleuve pour se réfugier en Éthiopie, où aucune aide humanitaire n’est disponible. L’État de Jonglei est l’épicentre des combats qui opposent les forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir aux milices d’opposition loyales à son rival de longue date, Riek Machar, depuis décembre, suite à l’effondrement d’un accord de partage du pouvoir.

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