Le Nigeria a suspendu la délivrance de licences d’importation d’essence pour le deuxième mois consécutif, les autorités de régulation appliquant les dispositions de la loi sur l’industrie pétrolière qui n’autorisent les importations qu’en cas d’insuffisance de l’offre nationale. Les données de l’Autorité nigériane de régulation du pétrole (NMDPRA) montrent qu’aucune licence d’importation n’a été délivrée en février, tandis que l’Association nigériane des raffineries de pétrole brut (CORAN) a confirmé qu’aucune licence n’avait été délivrée à ce jour en mars, ce qui indique une priorité accordée à la production nationale. Ce changement souligne un engagement plus ferme des autorités nigérianes en faveur de la protection du secteur du raffinage national et représente une victoire pour la raffinerie Dangote, qui avait intenté l’année dernière une action en justice contre l’autorité de régulation et la compagnie pétrolière nationale afin de les contraindre à cesser les importations.
En vertu de la loi sur l’industrie pétrolière, l’autorité de régulation ne peut accorder de licences d’importation que lorsque la production nationale est insuffisante pour satisfaire la demande. Le précédent responsable de l’autorité de régulation, qui a démissionné l’année dernière, a fait valoir que la délivrance de licences était nécessaire pour maintenir la concurrence et prévenir les monopoles. Depuis les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran la semaine dernière, les prix des carburants à la pompe ont bondi de plus de 54 %, provoquant une flambée des cours sur les marchés pétroliers mondiaux. George Ene-Eta, porte-parole de l’Autorité nationale de régulation du pétrole et du gaz du Nigeria, a attribué cette forte hausse des prix à l’escalade du conflit au Moyen-Orient.
La consommation quotidienne moyenne d’essence au Nigeria a chuté à 56,9 millions de litres en février 2026, contre 60,2 millions de litres en janvier. En février, la raffinerie de Dangote a approvisionné le marché intérieur avec 36,5 millions de litres d’essence et 8 millions de litres de diesel. L’Autorité de régulation a jugé ces quantités suffisantes et a suspendu la délivrance des licences d’importation.