Société

Harar, avec ses 82 mosquées : une ville éthiopienne où les habitants se préparent au Ramadan en « lavant » leur ventre

Derrière les remparts antiques de Jagol, dans l’est de l’Éthiopie, le temps semble suspendu. Ici, à Harar, les ruelles exhalent le parfum de l’histoire islamique, et les souffles se mêlent à la présence du soufisme et à la beauté des lieux. Harar, considérée par ses habitants comme la « quatrième ville sainte de l’islam », n’est pas qu’un simple lieu géographique, mais un état d’extase soufie qui se manifeste dans chaque pierre et chaque porte. À l’apparition du croissant de lune du Ramadan, Harar se pare d’une robe de lumière. La ville résonne des chants religieux, et l’arabe se mêle au dialecte harari en mélodies envoûtantes qui s’échappent de chaque coin de rue, annonçant le début du mois de jeûne.

La Grande Mosquée, la plus vaste des plus de 82 mosquées de la ville, transforme les prières de Tarawih en une manifestation majestueuse de foi. Des voix à l’accent abyssin résonnent, évoquant Bilal ibn Rabah, le muezzin du Prophète, tandis que les lampes illuminent les ruelles étroites de la ville. Marouf Mohamed, chercheur et historien de Harar, a confié à Al Jazeera que l’une des coutumes les plus marquantes à Harar à l’approche du Ramadan est la visite de courtoisie entre parents et connaissances dans les différents quartiers. On va de maison en maison pour échanger des vœux et témoigner de sa bienveillance avant le début du mois sacré. Dans cette ville antique, le Ramadan est une période propice au rapprochement et au renforcement des liens sociaux. Les habitants s’efforcent de résoudre les conflits, d’aider les plus démunis et d’accroître leur générosité, insufflant ainsi un esprit d’amour et de solidarité et rapprochant la communauté durant ce mois béni.

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Harar, surnommée la « Ville aux Cinq Portes », a transformé son patrimoine historique en un véritable laboratoire de civilisations. Ici, le Ramadan devient une expérience sensorielle unique, mêlant l’authenticité de la Corne de l’Afrique à la spiritualité de l’Orient islamique. La tradition du repas Harari commence des heures avant l’appel à la prière par l’embaumement des maisons traditionnelles avec des encens et du oud de grande qualité.

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