Le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, a annoncé que la force internationale mandatée par l’ONU pour épauler la police haïtienne dans sa lutte contre les bandes armées sera pleinement déployée d’ici octobre, alors que le pays continue de souffrir d’une escalade de la violence et du déplacement de centaines de milliers de personnes. À la suite d’une rencontre avec des représentants de l’ambassade des États-Unis, M. Álvarez a expliqué que les forces tchadiennes, actuellement en formation aux États-Unis, remplaceront progressivement la police kényane qui dirige la mission.
Il a souligné que le retrait kényan ne sera pas immédiat mais progressif afin de permettre aux nouvelles forces de se familiariser avec la mission. Il a ajouté que les déploiements débuteront début avril et que la force atteindra son effectif complet de 5 500 hommes d’ici octobre. L’ONU avait précédemment indiqué que le déploiement complet aurait lieu durant l’été ou l’automne, tandis que le mandat initial de la force expire en septembre 2026, avec possibilité de prolongation par une résolution du Conseil de sécurité. La nouvelle force, baptisée « Force anti-gangs », a remplacé la mission de sécurité multinationale dirigée par le Kenya, qui souffrait d’un manque de personnel, de financement et d’équipement. À ce jour, elle est principalement composée de troupes kényanes, avec des contributions limitées de pays d’Amérique centrale et des Caraïbes. Le Tchad a annoncé être prêt à fournir des troupes en octobre 2023, et le Bénin et le Bangladesh ont fait des promesses similaires, mais aucune ne s’est encore concrétisée.
Depuis des années, Haïti est témoin d’une montée en puissance sans précédent des gangs armés, qui se procurent leurs armes principalement par le biais de la contrebande en provenance des États-Unis. Les affrontements entre ces gangs et les forces de sécurité ont fait des milliers de morts, et plus d’un million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays par la violence. Cette situation a rendu l’intervention d’une force internationale indispensable, mais son succès dépend de sa capacité à surmonter les obstacles qui ont entravé les missions précédentes.