Les récents développements concernant les activités de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) ont suscité inquiétude et interrogations au sein de la population, compte tenu de la fermeture progressive de plusieurs de ses bases à travers le pays, dont certaines étaient opérationnelles depuis plus de dix ans. La présence de la mission remonte à 2014, date à laquelle elle a été déployée par le Conseil de sécurité de l’ONU dans le contexte de la crise profonde qui a suivi le coup d’État du 24 mars 2013. Face aux rumeurs de retrait qui circulaient ces dernières semaines, la mission a rapidement clarifié sa position.
Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, mercredi dernier, la MINUSCA a catégoriquement démenti toute intention de se retirer de République centrafricaine, soulignant que les actions en cours s’inscrivent dans le cadre d’une réorganisation stratégique de ses déploiements de troupes sur le terrain, et non dans le cadre de préparatifs de départ. Malgré ces assurances, l’inquiétude demeure parmi les habitants des zones concernées par ce redéploiement. Nombreux sont ceux qui craignent un retour à l’insécurité qui avait diminué grâce à la présence des forces de maintien de la paix. Dans ce contexte, la base de Dekwa a été officiellement fermée le 19 mars, dans le cadre de ce processus. Les habitants expriment leur inquiétude face à une possible résurgence des groupes armés. Susan, une habitante, déclare : « Nous avons maintenant peur d’être la cible d’attaques et d’exactions. Pourrons-nous encore aller dans nos champs, circuler sur les routes de campagne ou poursuivre notre travail » ?
De son côté, la mission a expliqué que ce redéploiement s’effectue dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Le commandant de la force, Humphrey Nyon, a déclaré que la MINUSCA prévoit de fermer 21 bases d’ici fin mars 2026, précisant que la plupart de ces bases sont temporaires et que leur fermeture ne signifie ni un retrait des troupes ni un abandon de la protection de la population. Les bases fermées ont été remises aux autorités de la République centrafricaine, notamment aux forces armées nationales, qui assument désormais la responsabilité principale du maintien de la sécurité dans ces zones.