Le corps de Figuerio Luís Balanta, militant de la société civile et figure emblématique de l’opposition au coup d’État militaire en Guinée-Bissau, a été retrouvé aux abords de la capitale, Bissau. Cet événement a suscité une vive émotion et soulevé des questions quant au ciblage des dissidents. Selon les médias locaux, Balanta, chef du mouvement Po de Terra, a été découvert près d’une rizière dans la région de Ndam, à une trentaine de kilomètres de Bissau. Plusieurs radios privées ont annoncé son décès mardi, précisant que le militant de 35 ans avait été battu à mort.
Des images circulant en ligne, vraisemblablement prises sur les lieux de la découverte du corps, montrent Balanta pieds nus, le pied ouvert et les vêtements déchirés et tachés de sang, renforçant la thèse d’une agression violente. Ces derniers mois, Balanta s’était imposé comme l’un des critiques les plus virulents du régime militaire qui avait pris le pouvoir lors du coup d’État de novembre, renversant le président Umaro Sissoco Embaló, depuis, le militant n’avait cessé de critiquer avec véhémence la junte militaire, malgré des menaces de mort répétées, dans des déclarations faites il y a environ trois mois, Balanta avait condamné l’interdiction des manifestations, exigé la libération des prisonniers politiques et réclamé la publication des résultats de la récente élection présidentielle, affirmant que le candidat de l’opposition, Fernando Dias, avait remporté l’élection, contrairement aux annonces officielles.
Porté disparu avant d’être libéré, Balanta avait poursuivi ses activités d’opposition. Sa dernière vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux la veille de la découverte de son corps. Suite à l’annonce de son décès, les autorités de transition ont décidé mardi après-midi de suspendre les activités de plusieurs radios privées pour sept jours, avec possibilité de prolongation, au motif qu’elles ne disposaient pas de licences légales. Cette décision a suscité des inquiétudes quant à la liberté de la presse dans le pays.