Une étude récente révèle que la guerre au Soudan n’est plus seulement un conflit entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR), mais qu’elle est devenue un terrain de convergence pour les groupes armés islamistes et les organisations extrémistes, parmi lesquels environ 400 combattants affiliés à Daech qui luttent aux côtés de l’armée. L’étude, publiée par l’Institut éthiopien des affaires étrangères, confirme que le Soudan est devenu un lien entre les réseaux des Frères musulmans de la mer Rouge et de la Corne de l’Afrique. Les Frères musulmans cherchent à consolider leur influence au sein des institutions étatiques par le biais du Parti du Congrès national, en tirant parti de la position géographique stratégique du Soudan.
Suite à la chute du régime de Bachir en 2019 et au coup d’État de 2021 mené par Burhan et Hemedti, les islamistes ont profité du conflit pour se repositionner en apportant un soutien humain et logistique à l’armée, en formant des alliances telles que le « Large Courant islamique » et en mobilisant des groupes armés comme la Brigade Al-Baraa bin Malik, désignée comme organisation terroriste par les États-Unis. L’étude indique que la présence de l’EI, malgré son envergure limitée, menace la stabilité du Soudan, transformant le pays en un foyer d’extrémisme dans un contexte de faiblesse de l’État et de prolifération massive d’armes.
Elle met également en garde contre le risque que l’influence croissante des islamistes ne complique tout processus de paix et ne reproduise le modèle de gouvernance antérieur. Dans ce contexte, le Soudan reste exposé à des scénarios allant d’une restructuration du pouvoir à une plongée dans un chaos plus profond aux répercussions régionales.