Les États-Unis ont imposé des sanctions à l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, l’accusant d’implication dans le conflit armé qui ravage l’est du pays et de soutien à des groupes rebelles opérant dans la région. Le département du Trésor américain a déclaré jeudi, dans un communiqué, que son Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) avait imposé ces sanctions à M. Kabila en raison de son soutien au Mouvement M23 et à l’Alliance du fleuve Congo (CRAA), une coalition rebelle qui constitue la branche politique et militaire du mouvement. Ces groupes cherchent à renverser le gouvernement de Kinshasa, et sont accusés de recevoir le soutien du Rwanda.
Selon le communiqué, le Mouvement M23 est un groupe armé actif dans l’est de la RDC et, de concert avec la CRAA, a contribué à alimenter l’instabilité politique et l’escalade de la violence, entraînant la mort de milliers de civils et aggravant la crise des déplacements massifs de population dans la région. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bisent, a déclaré que le président Donald Trump ouvrait la voie à la paix en République démocratique du Congo. Il a promis de traduire en justice ceux qui « continuent de déstabiliser » le pays. Il a ajouté que son pays continuerait d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour soutenir ce qu’il a qualifié d’intégrité des accords de Washington. Cette décision intervient dans le cadre du soutien apporté aux accords négociés par les États-Unis entre la République démocratique du Congo et le Rwanda en décembre 2015.
Ces accords concernent le commerce et l’investissement, ainsi que les chaînes d’approvisionnement en minéraux essentiels et rares. Le mouvement M23 contrôle de vastes zones de l’est du Congo, notamment les villes de Goma et Bukavu, capitales respectives des provinces du Nord et du Sud-Kivu, grâce au soutien militaire, financier et logistique des Forces de défense rwandaises, selon des rapports et des observateurs. Plus tôt cette année, les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise. L’escalade des attaques du mouvement a incité d’autres groupes armés à se mobiliser, aggravant encore la situation sécuritaire dans le pays.