Le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) au Cameroun, Gianluca Ferreira, a expliqué que le programme a été contraint de réduire drastiquement ses opérations, notamment en fermant cinq bureaux à travers le pays et en concentrant ses efforts sur certaines régions. Cette situation a pour conséquence de priver un grand nombre de bénéficiaires d’aide alimentaire. Il a ajouté que le plan opérationnel 2026 visait à venir en aide à environ 600 000 des 2,9 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire, qui sont les plus vulnérables. Or, entre janvier et mars, le programme n’a pu atteindre que 170 000 personnes, et ce, avec des rations alimentaires réduites.
M. Ferreira a souligné que le programme s’était initialement appuyé sur un ciblage géographique, concentrant ses efforts dans la région de l’Extrême-Nord, identifiée comme la plus touchée par les enquêtes sur la sécurité alimentaire. Cette stratégie a nécessité la fermeture des bureaux des villes de Bamenda et de Buea fin mars. Les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’Est ont également été exclues de l’intervention, malgré des besoins importants dans ces zones, notamment pour l’accueil de réfugiés centrafricains. Il a souligné que le programme est confronté à des choix difficiles, même au sein des régions ciblées, et que la situation devrait s’aggraver au second semestre en raison d’une forte baisse des financements.
Concernant les besoins de financement, M. Ferreira a insisté sur le fait que le programme a besoin de toute urgence d’environ 40 millions de dollars pour continuer à soutenir 600 000 personnes à court terme, en plus de 85 millions de dollars pour couvrir les besoins jusqu’en 2026. Il a noté que le financement actuel n’est que de 10 millions de dollars, ce qui reflète un déficit important qui entrave la réponse humanitaire. Le Cameroun est considéré comme une crise humanitaire « oubliée », où les groupes les plus touchés sont les personnes déplacées internes du fait du conflit, les réfugiés du Nigéria et de la République centrafricaine, ainsi que les familles les plus pauvres des zones rurales et urbaines.