Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a annoncé être prêt à briguer un troisième mandat présidentiel si le peuple congolais le lui demande, soulignant qu’aucune modification ou révision de la Constitution ne sera entreprise sans référendum populaire, lors d’une conférence de presse tenue mercredi 6 mai 2020 au soir à Kinshasa, la capitale, M. Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019, s’est dit « à la disposition du peuple congolais » si celui-ci lui demande de « revenir », laissant ainsi entendre la possibilité d’une nouvelle candidature à la présidence. Il a ajouté que toute modification constitutionnelle potentielle « n’aura jamais lieu sans consultation populaire par référendum ».
La conférence de presse a duré environ trois heures et a réuni de nombreux journalistes et représentants du gouvernement. Le discours a abordé plusieurs questions politiques et sécuritaires, notamment le débat croissant autour d’une potentielle réforme constitutionnelle menée par le camp présidentiel, qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président congolais. Tshisekedi a souligné que l’idée de réviser ou d’amender la Constitution n’est pas nouvelle, mais qu’il s’agit d’un projet de longue date porté par le parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il a nié que cette proposition soit une simple initiative impulsive ou une provocation politique. Le président congolais a également lié les réformes constitutionnelles à l’accord de partenariat signé entre Kinshasa et Washington, arguant que cet accord exige des réformes constitutionnelles, suggérant implicitement l’existence de pressions extérieures en plus des exigences internes.
Des organisations de la société civile ont critiqué toute tentative de modifier l’article 220 de la Constitution congolaise ces derniers mois. Cet article est l’une des dispositions les plus importantes régissant le nombre maximal de mandats présidentiels. Dans un autre contexte, Tshisekedi a averti que la tenue des élections présidentielles prévues pour 2028 serait impossible si le conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo se poursuivait. Il a souligné que la guerre en cours dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu rendrait ces élections irréalisables.