Politique

La crise électorale s’aggrave en Somalie, l’opposition appelant à des manifestations illimitées

Le Conseil du salut, parti d’opposition, a annoncé le lancement de manifestations hebdomadaires à Mogadiscio, à compter du 4 juin, et ce tous les jeudis jusqu’à la conclusion d’un accord politique concernant les élections nationales. Cette annonce faisait suite à une conférence de presse tenue à Mogadiscio par des figures de l’opposition, dont l’ancien président somalien Sharif Sheikh Ahmed, le député Abdirahman Abdishakur, l’ancien Premier ministre Hassan Ali Khaire et plusieurs autres membres de l’opposition. Sharif Sheikh Ahmed a déclaré que les mandats du président Hassan Sheikh Mohamud, du gouvernement et du parlement étaient arrivés à échéance, soulignant que toute élection organisée sans accord ne saurait être pleinement légitime.

Il a ajouté que des efforts avaient été déployés la semaine précédente pour parvenir à un accord sur les questions électorales, mais sans succès. Il a insisté sur le fait que les élections ne peuvent être gérées par un seul parti ; il est indispensable que les comités, les procédures et le calendrier fassent l’objet d’un consensus. Sharif Sheikh Ahmed a critiqué les récentes élections à Mogadiscio et Baidoa, affirmant qu’elles révélaient le niveau de corruption et de division politique pouvant résulter d’élections organisées sans accord. Il a également accusé le gouvernement d’avoir déployé des troupes dans des zones dangereuses en proie à des affrontements et à des tensions politiques, ce qui, selon lui, a entraîné la mort de soldats et d’officiers.

De son côté, Abdirahman Abdishakur a déclaré que le président Hassan Sheikh Mohamud n’était plus qu’un « ancien président », son mandat constitutionnel étant arrivé à échéance. Il a appelé les habitants de Mogadiscio à participer aux manifestations pacifiques prévues après l’Aïd al-Adha, soulignant que l’opposition poursuivrait ses protestations. La crise politique en Somalie s’aggrave suite à l’échec des récentes négociations entre le gouvernement et l’opposition concernant le mécanisme électoral et sa nature. Le gouvernement fédéral somalien persiste dans son programme électoral, fondé sur le principe « une personne, une voix », tandis que l’opposition rejette cette proposition, exigeant un cadre électoral basé sur un consensus politique.

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