Société

Quatre points clés expliquant les derniers développements de la crise migratoire en Afrique du Sud

Quelques jours après la date butoir du 30 juin fixée par les groupes anti-immigration pour que les migrants sans papiers quittent l’Afrique du Sud, des milliers de migrants sont quotidiennement victimes de harcèlement dans les rues et d’expulsions accélérées par le gouvernement. Parallèlement, des organisations humanitaires, notamment des institutions islamiques, interviennent pour pallier le manque d’aide humanitaire dans les camps accueillant les personnes bloquées. La police a arrêté plus de 900 personnes lors des manifestations anti-immigration qui ont secoué le pays mardi dernier. Le commissaire adjoint de la police nationale, Tepelo Mosekele, a indiqué que 108 des 120 manifestations s’étaient déroulées pacifiquement, tandis que la police est intervenue dans 12 d’entre elles, selon Reuters et l’Agence France-Presse.

La police a confirmé qu’une personne avait été tuée par balle dans le quartier d’Alexandra à Johannesburg lors du pillage de petits commerces appartenant à des étrangers. Des soldats ont été déployés dans le quartier de Hillbrow, dans le centre-ville, après qu’une fusillade a fait deux blessés. Le président Cyril Ramaphosa a tenu une réunion d’urgence avec les organisateurs des manifestations, déclarant que les préoccupations des Sud-Africains concernant l’immigration clandestine étaient « réelles et méritent d’être entendues ». Il a toutefois insisté sur le fait que « se faire justice soi-même relève de la loi du plus fort et n’a pas sa place dans notre démocratie constitutionnelle ». Des organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International Afrique du Sud, ont accusé la campagne ciblant les migrants de les transformer en « boucs émissaires » pour des problèmes sociaux et économiques plus profonds, tels que le chômage élevé et un système d’asile complexe.

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Le quotidien turc Daily Sabah a noté que les chercheurs ont systématiquement trouvé peu de preuves étayant l’affirmation selon laquelle l’immigration serait responsable des difficultés économiques du pays, malgré les idées reçues associant les immigrés au chômage et à la criminalité. Le journal a souligné que l’Afrique du Sud accueille plus de 167 000 réfugiés et demandeurs d’asile, selon les Nations Unies, un nombre relativement faible comparé à l’Ouganda, qui accueille environ 1,8 million de réfugiés, et au Tchad, qui en accueille plus de 1,2 million.

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