Société

Le président sud-africain annonce une répression stricte contre l’immigration clandestine

Dans une allocution télévisée à la nation, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé une série de nouvelles mesures pour lutter contre l’immigration clandestine, sur fond de tensions croissantes alimentées par les manifestations anti-immigration et le mécontentement grandissant face au chômage élevé. Ces mesures comprennent l’emprisonnement des employeurs qui embauchent des travailleurs sans papiers, la création de tribunaux spécialisés pour accélérer l’expulsion des immigrants clandestins et la mise en place d’un registre biométrique pour « chaque personne dans le pays » afin de lutter contre l’usurpation d’identité. Il a toutefois mis en garde les Sud-Africains contre tout recours à la violence.

Ces dernières semaines, plusieurs pays africains ont organisé l’évacuation d’une partie de leurs ressortissants face à la crainte croissante de violences. Les groupes anti-immigration exigent le départ des immigrants clandestins du pays, fixant une date limite au 30 juin. Le week-end dernier, des centaines de migrants africains ont fui leurs foyers dans la région d’Overberg, dans la province du Cap-Occidental, après des informations faisant état d’intimidations de porte-à-porte et du meurtre de deux ressortissants mozambicains à Mossel Bay. Nombreux sont ceux qui ont cherché refuge dans des salles communautaires, sur la plage ou dans les montagnes environnantes. Certains ont choisi de rentrer chez eux, et ce week-end, un autre groupe d’environ 140 personnes a pris des bus à destination du Malawi et du Mozambique. À Durban, des étrangers occupent les abords du ministère de l’Intérieur depuis plusieurs semaines, exprimant leurs craintes pour leur vie.

Le président Ramaphosa a reconnu que l’immigration clandestine met à rude épreuve les services publics sud-africains et que son gouvernement se doit de s’attaquer à ce problème. Il a toutefois mis en garde contre tout recours à la violence en dehors du cadre légal, déclarant : « Je tiens à préciser que seuls les fonctionnaires habilités sont autorisés à prendre les mesures nécessaires contre les infractions à la loi, notamment celles relatives à l’immigration. Nul autre n’est autorisé, par exemple, à interpeller une personne dans la rue pour lui demander une preuve de sa nationalité».

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