Le Conseil militaire au pouvoir au Burkina Faso a suspendu les activités de 245 associations pour « défaut de renouvellement de leurs organes directeurs », portant ainsi à plus de 1 100 le nombre total d’organisations suspendues ou dissoutes depuis la mi-avril, selon un décret ministériel publié jeudi. Le Burkina Faso est un régime militaire dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2012. Il prône une politique de souveraineté et affirme que le pays ne suit pas le modèle démocratique traditionnel. Les 245 associations dont les activités ont été suspendues, avec effet au 11 juin, interviennent dans les domaines du développement social et économique, de la culture, de la religion, de la santé, de l’éducation, de l’autonomisation des femmes et de l’égalité des sexes.
Le décret, signé par le ministre de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, précise que « seules les actions visant à régulariser le statut juridique de chaque association sont autorisées pendant la période de suspension ». Depuis la mi-avril, avec le lancement d’une vaste campagne de répression fondée sur une loi de 2025 encadrant strictement la liberté d’association, les autorités ont suspendu 1 056 associations pour « défaut de renouvellement de leurs organes directeurs » et dissous 118 autres en vertu des « dispositions légales applicables », sans plus de précisions. La loi de juillet 2025 affirme la liberté d’association, mais la conditionne à des obligations strictes en matière de notification administrative, de contrôle gouvernemental et de respect des lois, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu’à la dissolution définitive de l’association.
Les autorités burkinabè accusent fréquemment les ONG internationales et les associations bénéficiant de financements étrangers d’espionnage ou de collusion avec des groupes armés. Mardi, les autorités ont suspendu les activités de deux associations islamiques pour trois mois, invoquant des « troubles à l’ordre public » et des « activités contraires à la loi ». Cette décision intervient deux semaines après la fermeture de la Grande Mosquée de la capitale et l’arrestation d’un imam qui avait critiqué une loi relative à la liberté de croyance et aux affaires religieuses.