Le chef de la junte militaire burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, a démenti les rumeurs de luttes de pouvoir et de divisions au sein du pouvoir, affirmant être le seul dirigeant du pays et que tout comportement qu’il a qualifié de « contre-révolutionnaire » serait réprimé avec fermeté. Dans un discours prononcé devant une foule de partisans, Traoré a souligné qu’« il n’y a pas de commandant en second, et il ne peut y avoir deux capitaines sur le même navire », un message largement interprété comme une réponse directe aux articles et publications sur les réseaux sociaux d’observateurs suggérant la présence de personnalités influentes qui pèseraient sur les décisions du régime.
Ces déclarations de Traoré interviennent quelques semaines après des spéculations croissantes concernant le sort de plusieurs hauts gradés de l’armée, suite à leur disparition de la scène publique et leur absence lors d’événements officiels importants, soulevant des questions sur d’éventuels désaccords au sommet du pouvoir. La personnalité la plus en vue dont l’absence a suscité la controverse est le général Omar Yabré, chef des services de renseignement et président du Conseil national de sécurité. Il n’est pas apparu en public depuis fin mai, manquant notamment les cérémonies de levée du drapeau au palais présidentiel, les cérémonies de promotion d’officiers au grade de général, ainsi que plusieurs autres événements officiels et religieux.
L’AFP a cité une source sécuritaire indiquant que Yabré ne fréquente plus son bureau aux services de renseignement et que le dispositif de sécurité affecté à son domicile a été réduit, sans compter le limogeage de plusieurs de ses proches collaborateurs. Parmi les autres événements, on note l’arrestation de l’imam Isaac Kindo, le 26 mai, pour avoir critiqué un projet de loi restreignant les libertés religieuses. Depuis, il n’a pas été revu. Traoré l’a évoqué lors de son discours et l’a vivement critiqué, affirmant qu’il « se croyait influent », et réaffirmant qu’il ne peut y avoir deux pouvoirs au sein de l’État. L’absence du capitaine Kiswensida Azaria Farouk Sourgo, figure importante de la junte militaire et ancien porte-parole de l’armée lors du coup d’État du 30 septembre 2012, soulève de nouvelles interrogations.