Politique

Entretiens d’Obasanjo avec le Front de libération du peuple du Tigré : la diplomatie peut-elle apaiser les tensions en Éthiopie ?

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, Haut Représentant de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, est arrivé jeudi dernier à Mekele, capitale de la région du Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, à la tête d’une délégation internationale comprenant des envoyés australiens et britanniques. Il a rencontré Debretsion Gebremichael, chef du Front de libération du peuple du Tigré (FLPT). Les discussions ont porté sur deux priorités principales : prévenir une reprise des hostilités et évaluer la mise en œuvre de l’Accord de Pretoria, signé en novembre 2022 entre le gouvernement fédéral et le FLPT, qui a mis fin à deux années de conflit dans le nord du pays.

Cette visite a coïncidé avec une recrudescence des tensions. Des habitants et des responsables locaux ont en effet signalé une frappe de drone près de la ville de Shiraro, dans le nord-ouest du Tigré, la semaine dernière, visant la zone de Tekemati. Les autorités régionales ont accusé le gouvernement fédéral d’être responsable de l’attaque, affirmant qu’elle avait entraîné des morts et des blessés parmi les forces tigréennes, ainsi que des dégâts matériels. Elles l’ont qualifiée de violation de l’Accord de Pretoria et d’avertissement quant à la possibilité d’une nouvelle intervention militaire. Le 3 de ce mois, quelques jours avant la visite, le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) a adressé une lettre aux missions diplomatiques et à l’Union africaine, appelant à une intervention internationale pour régler son différend avec le gouvernement fédéral. Le porte-parole du FLPT, Mekele Asgedom, a expliqué que les restrictions sur les approvisionnements en carburant et les activités commerciales avaient aggravé les difficultés économiques rencontrées par les habitants de la région.

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Le Front a accusé le gouvernement de ne pas respecter certains de ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de Pretoria et a mis en doute l’efficacité des institutions chargées de superviser sa mise en œuvre. Parallèlement à la visite d’Obasanjo, le directeur du Service national de renseignement et de sécurité éthiopien, Redwan Hussein, et le conseiller du Premier ministre pour les affaires est-africaines, Getachew Reda, ont publié une tribune conjointe affirmant que le Front de libération du peuple du Tadjikistan (TPLF) se préparait à lancer une nouvelle attaque contre les forces fédérales.

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