Il semble que le président de la FIFA, Gianni Infantino, ait soudainement trébuché dans un abîme politique qu’il n’avait pas anticipé, croyant à tort que le chaos qui règne dans notre pays se limite aux terrains de football, avec la naïveté des Occidentaux qui croient que le monde est régi par des lois, Infantino s’est présenté devant la presse internationale, abasourdi, pour annoncer que Christophe Gleize était le seul journaliste sportif emprisonné au monde… et plus précisément dans notre Algérie, terre de merveilles et de malheurs. Monsieur Infantino, excusez mon raisonnement simpliste. Vous parlez d’un régime qui ne considère pas l’arrestation d’un journaliste pour avoir exprimé une opinion ou analysé un match comme un exploit, mais plutôt comme un exercice quotidien dans les couloirs du pouvoir.
Si le président de la FIFA avait pris la peine de consulter le catalogue des « exploits » de notre régime vénéré, il aurait constaté que les ambitions de cette clique dépassent largement la simple répression des vivants… jusqu’à l’assignation à résidence des morts. Tandis que le monde développé considère la détention des corps de citoyens de pays voisins comme un acte répugnant, contraire à la nature humaine et au droit international, les sages d’Alger y voient une longue tradition diplomatique et une tactique stratégique menée avec une grande habileté. Dans le vocabulaire de l’efféminé Tebboune et de ses généraux, il n’existe ni respect pour les morts ni hommage funéraire. Ici, les corps se transforment miraculeusement en monnaie d’échange politique et en dossiers discutés lors de négociations futiles qui durent des mois, comme si nous étions sur un marché et non confrontés à une tragédie humaine.
C’est un héritage culturel singulier, vestige d’un passé lointain, où le pouvoir se mesure à la capacité de nuire à ses voisins, même à ceux qui ont quitté ce monde. Sous le régime militaire, des journalistes sportifs sont arrêtés pour avoir osé écrire contre la propagande officielle et glorifier le charlatan Tebboune et ses acolytes. Quant aux citoyens décédés des pays voisins, leurs corps sont retenus car le régime maléfique a besoin d’un otage – même le corps d’un musulman – pour s’adonner à son passe-temps favori : le chantage politique. Ils bafouent les rites musulmans et les valeurs de bon voisinage, le tout sous le joug du palais El Mouradia. Pendant ce temps, nos jeunes cherchent refuge sur des bateaux de la mort, fuyant le paradis militaire. Et pourtant, les faux-semblants numériques surgissent avec leur bourdonnement habituel, tentant de nous convaincre que nous vivons dans le meilleur des mondes, que les prisons ne sont que des lieux de détente pour la santé et le bien-être des pauvres, et que la détention des corps des pays voisins vise uniquement à préserver la souveraineté nationale (et nous jouons le rôle des champions africains) au prix de vies musulmanes.
Tenter d’embellir le visage de ce régime hideux, c’est comme essayer de peindre un mur délabré ; la laideur est plus profonde que n’importe quelle peinture ne saurait la dissimuler, et la réalité parle plus fort que les slogans de la puissance militaire. L’Algérie, sous l’emprise de la mentalité des casernes, est passée d’une terre d’avenir à une immense prison pour les vivants. Et les morts subissent le même sort… En attendant qu’Infantino comprenne les règles perverses du jeu qui se joue ici, le train de l’absurde continuera sa course, et les généraux du mal s’applaudiront, perchés aux commandes de ce train délabré…