Politique

Le Kenya renforce les mesures de sécurité à l’occasion du deuxième anniversaire des manifestations de la « Génération Z »

Les autorités kényanes ont déployé un important dispositif de sécurité à Nairobi, la capitale, jeudi, afin de prévenir les manifestations commémorant le deuxième anniversaire du soulèvement de la « Génération Z », un tournant dans l’histoire politique du pays. En juin 2024, des milliers de Kényans sont descendus dans la rue pour protester contre la dégradation de la situation économique et la corruption généralisée. Les manifestants ont fini par prendre d’assaut le Parlement, contraignant le gouvernement à renoncer à de nouvelles taxes. Ces manifestations ont marqué un tournant dans l’histoire du pays, la jeunesse kényane transcendant les divisions ethniques traditionnelles.

Le 25 juin est devenu une journée annuelle de protestation, témoignant du mécontentement persistant envers le gouvernement du Premier ministre William Ruto. Cependant, ces mouvements ont eu un lourd coût humain. Au moins 127 personnes ont été tuées au cours des deux années de manifestations, selon un organisme de surveillance de la police, tandis que les forces de sécurité ont été accusées d’avoir tiré sur les manifestants en toute impunité. Cette année, la police n’a rien laissé au hasard, installant des dizaines de points de contrôle et fermant les principaux axes routiers menant au centre de Nairobi.

Écoles et commerces ont fermé leurs portes par crainte de troubles. Des journalistes de l’AFP ont observé de longues files de véhicules de police, des patrouilles de police montée et des barbelés autour des bâtiments gouvernementaux, ainsi qu’une forte présence d’agents de sécurité en civil. « Les gens savent qu’ils n’ont plus peur des policiers en uniforme, mais ils ont peur des agents de sécurité en civil, car ils pourraient vous tuer et s’enfuir », a déclaré Moses, un chauffeur de moto-taxi de 31 ans, il a noté que beaucoup hésitaient à participer aux manifestations par crainte pour leur vie. « Je ne veux pas mourir », a confié une jeune femme à l’AFP. « Je suis l’aînée de ma famille et tout ce que je veux, c’est aller travailler ». Le président William Ruto a affirmé cette semaine que les Kenyans ont le droit de manifester, mais a mis en garde contre toute personne « mobilisée pour détruire des biens ou semer le chaos ».

  La Grande Migration du Masaï Mara au Kenya : Un paysage animalier époustouflant qui résiste aux défis
Ajouter un commentaire

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les plus lus

To Top