L’Assemblée nationale sénégalaise a approuvé un projet de réforme constitutionnelle à l’unanimité, par 129 voix. La session a été marquée par des tensions politiques et sécuritaires, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Parlement. Le gouvernement a annoncé la tenue d’un référendum, sans toutefois préciser de date. La session, qui s’est déroulée à Dakar, la capitale, a été précédée de manifestations organisées par les partisans de l’Alliance pour la République, menée par l’ancien président Macky Sall, ainsi que par d’autres forces d’opposition. Les forces de sécurité ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants, procédant à plusieurs arrestations et bouclant ensuite le périmètre autour de l’Assemblée nationale.
Des incidents ont éclaté dans l’hémicycle lorsque le député Abdou Mbo a refusé de quitter la tribune, exigeant la suspension des débats. Des députés du PASTEF (Patriotes africains sénégalais pour le travail, l’éthique et la fraternité) ont tenté de l’expulser de force, provoquant des affrontements dans l’hémicycle. Les forces de la gendarmerie sont intervenues pour le destituer, ce qui a incité les députés de l’opposition à boycotter le vote pour protester contre ce qu’ils ont qualifié de « coup de force ». À la suite du vote, le président de l’Assemblée nationale a annoncé son intention de s’adresser au président de la République afin de promulguer l’amendement tel qu’approuvé par le Parlement, dénonçant ce qu’il considérait comme une ingérence de l’exécutif dans le processus de révision constitutionnelle.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré que l’adoption de l’amendement marquait l’aboutissement de dix années de lutte du PASTEF, soulignant que le texte reflétait les revendications défendues par le parti depuis sa création, ainsi que les sacrifices politiques consentis. De son côté, le ministre de la Justice Moussa Sarr, représentant le président Bachir Diomae Faye, a annoncé que l’amendement serait soumis à un référendum national, sans préciser de date. Cette décision a suscité une vive polémique, notamment à l’approche des élections locales prévues en janvier. La réforme constitutionnelle prévoit la révision de 29 articles de la Constitution et vise à redistribuer les pouvoirs entre les institutions étatiques, dans un contexte de profondes divisions politiques quant à son impact sur l’équilibre des pouvoirs et l’avenir du système politique du pays.