La République démocratique du Congo a interdit les rassemblements publics dans quatre provinces, dont la capitale Kinshasa, alors que le pays lutte contre une grave épidémie d’Ebola. Cette interdiction intervient à la veille d’une manifestation prévue à Kinshasa le 8 juillet contre les réformes constitutionnelles, que l’opposition qualifie de politiquement motivées. La décision, émise le 27 juin par le ministre de l’Intérieur, concerne les provinces de Kinshasa, Chubu, Haut-Oel et Bas-Oel, qui n’ont pour l’instant signalé aucun cas. La décision précise que la proximité des provinces touchées constitue un facteur de risque majeur de transmission et exige des autorités des quatre provinces qu’elles surveillent toute personne présentant des symptômes de la maladie et soumettent des rapports de surveillance quotidiens.
L’épidémie, déclarée le 15 mai, a infecté 1 274 personnes et fait 360 morts dans trois provinces de l’est : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, selon les données gouvernementales publiées lundi. Les chefs de l’opposition appellent leurs partisans à manifester contre les amendements constitutionnels proposés, qui, selon eux, permettraient au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Le prince Ibenge, porte-parole de la coalition d’opposition Lamuka, a dénoncé l’interdiction comme étant « politiquement motivée » et a affirmé que la manifestation du 8 juillet aurait bien lieu comme prévu. Le 12 juin, la police a dispersé une manifestation à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles réelles, tuant un manifestant et en blessant 38 autres, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Par ailleurs, le maire de Goma, la plus grande ville de l’est du Congo, actuellement contrôlée par les rebelles de l’Alliance pour la République démocratique du Congo/Mouvement du 23 mars (ADM/M23), a interdit les rassemblements publics et les manifestations lundi, y compris les célébrations liées aux événements sportifs. Cette décision invoque le risque de transmission d’Ebola et intervient au lendemain des rassemblements organisés pour célébrer la qualification du Congo pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026.