Politique

Tensions en Guinée-Bissau après le soutien de la CEDEAO à un référendum constitutionnel

La polémique politique s’est intensifiée en Guinée-Bissau suite à l’annonce par le chef de la mission de médiation de la CEDEAO, le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères Timothy Kaba, de la tenue d’un référendum populaire sur la révision constitutionnelle. Cette annonce a suscité le rejet de l’équipe de l’ancien candidat à la présidentielle Fernando Dias, qui a accusé l’organisation régionale d’outrepasser son mandat et de légitimer les actions du régime militaire au pouvoir, selon Radio France Internationale. Cette crise survient près de sept mois après la prise de pouvoir par l’armée et l’annulation du processus électoral. Le coup d’État du 26 novembre 2015 a empêché la proclamation des résultats définitifs des élections qui s’étaient tenues le même mois.

Le porte-parole de l’équipe de Dias, qui s’est proclamée vainqueur des élections, a déclaré que la CEDEAO avait outrepassé son rôle de médiateur, ajoutant dans un communiqué diffusé par Radio France : « La CEDEAO ne fait qu’aggraver le problème ! Plus aucun citoyen de Guinée-Bissau ne fait confiance à sa neutralité. En annonçant un référendum constitutionnel, l’organisation légitime tout ce que la junte militaire a fait depuis sa prise de pouvoir. En tant que médiateurs, ils n’ont même pas consulté l’opposition». La station de radio a noté que le texte de la constitution n’avait pas encore été publié par le président par intérim Horta Ntam, mais l’opposition estime qu’une nouvelle constitution pourrait avoir de graves répercussions sur les élections prévues en décembre 2026.

L’équipe de campagne de Dias a également accusé l’organisation régionale d’« incohérence », affirmant dans un communiqué qu’« aucun représentant étranger n’est habilité à annoncer ou à cautionner des processus constitutionnels, tels qu’un référendum ou une réforme constitutionnelle, au nom des citoyens de Guinée-Bissau.» En réponse à ces accusations, la Commission de la CEDEAO a publié un communiqué lundi dernier, rejetant fermement les allégations d’ingérence formulées par l’équipe de campagne du candidat Fernando Dias. La Commission a affirmé que sa mission opère exclusivement dans le cadre d’un mandat collectif conféré par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, sans s’immiscer dans les affaires intérieures des États membres.

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