Le Chadema, principal parti d’opposition tanzanien, a annoncé le décès de Swezi Maradovo, chauffeur et ami proche du vice-président du parti, John Heche, dans des circonstances qualifiées de « suspectes » par le parti. Cette annonce intervient dans un contexte de pressions croissantes du gouvernement sur l’opposition et de tensions politiques grandissantes dans le pays. L’annonce a été faite dans une vidéo publiée par Amani Gologowa, un haut responsable du parti, qui a exprimé sa profonde tristesse suite au décès de Maradovo, chauffeur de John Heche depuis 2010 et l’un de ses plus proches confidents.
Maradovo, âgé de 50 ans, a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel à Kigoma, dans l’ouest de la Tanzanie, après que des membres de la délégation du parti ont constaté son absence alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la ville. La police, alertée, a forcé la porte et l’a découvert gisant sur le sol. Une autopsie a été pratiquée à l’hôpital régional Mawenni de Kigoma. Les premières constatations indiquent que le décès est dû à un accident vasculaire cérébral. Le parti Chadema a toutefois rejeté cette explication, arguant que les circonstances du décès justifiaient une enquête plus approfondie. Amani Gologowa a déclaré que le parti doutait du rapport d’autopsie officiel, évoquant plusieurs éléments suspects entourant la mort, sans toutefois fournir de preuves à l’appui de ces soupçons.
Le parti a évoqué la possibilité d’un empoisonnement, tout en reconnaissant l’absence de preuves concluantes. Il a confirmé que des examens post-mortem complémentaires seraient effectués dans les prochains jours afin d’obtenir des résultats plus définitifs. Cet incident survient quelques jours seulement après que Chadema a annoncé qu’un de ses membres avait survécu à une tentative d’enlèvement. Le parti affirme que ses membres et ses convois font l’objet d’une surveillance policière constante à travers le pays. La mort de Maradova témoigne de la montée des tensions politiques en Tanzanie, notamment suite à la décision du gouvernement, la semaine dernière, d’interdire les rassemblements politiques. L’opposition a perçu cette mesure comme un recul par rapport aux réformes introduites par le président Samia Suluhu Hassan en 2021, qui avaient permis la reprise des activités politiques.