Le Rwanda s’est hissé à la première place de la première édition de l’Indice africain de gouvernance de l’IA (AAIGI) 2026. Ce nouvel outil de référence continental révèle que les États africains progressent plus rapidement dans l’élaboration de stratégies en matière d’IA que dans leur financement, le recrutement de personnel qualifié ou leur mise en œuvre effective. Lancé par l’Africa AI Policy Lab et Lawyers Hub lors du Sommet sur la gouvernance de l’IA en Afrique (tenu à Genève en marge du premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA), cet indice est le premier référentiel continental en la matière conçu et élaboré entièrement par des experts africains. Il évalue les 54 États africains selon 80 indicateurs, générant 4 320 observations notées couvrant les domaines de la stratégie, du cadre juridique, des infrastructures, des compétences, de l’éthique et de la mise en œuvre.
Le Rwanda a obtenu un score composite de 3,25 sur une échelle de 0 à 4 — le plus élevé du continent — et est le seul État évalué à afficher d’excellents résultats tant dans la catégorie « Stratégie et vision » que dans celle de la « Mise en œuvre et impact ». Le rapport attribue cette position de leader à plusieurs facteurs : la politique nationale d’IA approuvée par le gouvernement en avril 2023, la création d’un bureau dédié à l’IA responsable, la ratification précoce de la Convention de Malabo en 2019, ainsi que l’organisation du premier Sommet mondial sur l’IA en Afrique en avril 2025 (événement ayant abouti à une déclaration continentale et à une proposition de création d’un Fonds africain pour l’IA doté de 60 milliards de dollars).
Le Nigeria arrive en deuxième position avec un score de 2,81, suivi du Bénin (2,58), tandis que le Kenya, le Maroc et l’Égypte complètent le groupe des six premiers pays. La principale conclusion du rapport met en évidence un « écart de mise en œuvre » structurel à l’échelle du continent. Si une quinzaine d’États ont adopté des cadres nationaux pour l’IA et qu’une vingtaine d’autres sont en phase d’élaboration, la diffusion des stratégies devance largement la création de lois contraignantes, de budgets dédiés et de mécanismes de suivi mesurables.v