Politique

Washington Post : Les États-Unis envisagent une intervention militaire directe au Mali

L’administration Trump envisage actuellement de lancer des frappes militaires contre Jama’at Nasr al-Islam wal Muslimin (JNIM), un groupe militant lié à Al-Qaïda et l’une des organisations djihadistes les plus puissantes du Mali. Selon le Washington Post, la proposition fait encore l’objet d’un examen interne, et des informations font état de divisions parmi les hauts responsables quant à ses implications militaires, diplomatiques et géopolitiques. Si elle est approuvée, le Mali deviendrait le deuxième pays africain ciblé par des frappes militaires américaines en seulement deux mois, signe d’une stratégie antiterroriste américaine plus offensive sur le continent.

Le 16 mai, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM), en collaboration avec l’armée nigériane, a mené une frappe de précision dans le bassin du lac Tchad, tuant Abou Bilal al-Manouki, alias Abou Minouki, un haut responsable de l’EI, ainsi que plusieurs autres commandants importants de l’organisation. AFRICOM a décrit al-Manouki comme le directeur des opérations mondiales du groupe, chargé de la stratégie en matière de financement du terrorisme, des opérations médiatiques et du développement d’armes, d’explosifs et de drones. Cette frappe faisait suite à des opérations conjointes menées les 17 et 18 mai contre des combattants de l’État islamique dans le nord-est du Nigéria. Le Mali a réagi avec prudence à ces informations, déclarant n’avoir reçu aucune communication officielle de Washington.

Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a indiqué que Bamako avait appris la proposition par les médias et attendait des éclaircissements du gouvernement américain. « Nous attendons de connaître la position du gouvernement américain », a déclaré M. Diop aux journalistes, ajoutant que toute intervention militaire étrangère devait respecter la souveraineté et les intérêts nationaux du Mali. Ces déclarations témoignent de la situation délicate dans laquelle se trouve le Mali après avoir profondément remanié ses partenariats de sécurité ces dernières années. Suite aux coups d’État militaires de 2020 et 2021, la junte au pouvoir a expulsé les troupes françaises, exigé le retrait de la mission de maintien de la paix de l’ONU et renforcé ses liens de défense avec la Russie, où la Légion africaine, soutenue par la Russie, appuie désormais les forces maliennes contre les rebelles.

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