Politique

La mascarade électorale algérienne a pris fin, les généraux ont regagné leurs palais et les citoyens ont repris leur place dans la file d’attente

Le scénario de la tromperie et de la fraude a été méticuleusement écrit dans les coulisses, dans les salles secrètes du palais El Mouradia, un palais d’intrigues et de malheurs. Les rôles étaient appris par cœur, et les généraux ont renforcé leur emprise sur le pouvoir en Algérie d’une main de fer et de balles. Le jour de la représentation est arrivé, et le grand metteur en scène a annoncé le succès retentissant de cette farce sous les applaudissements tonitruants de sièges vides, en l’absence totale des masses opprimées lors du dénouement.

C’est ainsi que la Cour constitutionnelle a tiré le rideau sur les résultats de cette manipulation démocratique, accordant une fois de plus la victoire au Front de libération nationale (FLN), comme si le temps s’était arrêté ou comme si les aiguilles de l’horloge s’étaient figées dans les couloirs du palais El Mouradia. La surprise n’était pas absente, mais plutôt présente, de manière monotone : le Rassemblement national démocratique (RND) arrivait en deuxième position, suivi du Front du futur. Ainsi, le tableau de ce film muet était complet, son dénouement misérable connu des citoyens avant même que les chaînes de propagande ne commencent à diffuser leurs cortèges d’éloges et d’adulations pour ce grand succès.

Oui, c’est bien cette majorité confortable recherchée par les architectes de la façade politique. Du clown Tebboune au dernier agitateur de la presse à scandale, cette majorité garantit le statu quo et cautionne chaque mesure qui creuse le fossé entre la réalité virtuelle des généraux du mal et l’amère réalité que les pauvres endurent quotidiennement, une réalité qui les accable d’humiliation et de dégradation. Tandis que ceux qui portent des costumes élégants échangent des félicitations sous les projecteurs du Parlement et se partagent les sièges, le simple citoyen fait la queue pendant des heures, cherchant son pain quotidien dans un périple qui commence à l’aube et se termine après minuit.

  Les généraux algériens cherchent à semer le chaos et la destruction dans toute la région

C’est comme si les autorités lui annonçaient que les élections sont terminées et que son devoir est désormais de regagner sa longue file d’attente, calmement et sans oublier le sourire. Au milieu de cette scène tragi-comique, le silence qui règne dans les rues et l’apathie avec laquelle les citoyens ont accueilli ces urnes vides semblent être l’expression la plus éloquente du boycott psychologique et pratique de cette mascarade démocratique. Chacun sait que les visages peuvent changer et les noms se multiplier, mais le véritable instigateur et cerveau de tous les complots ourdis contre le peuple opprimé, dissimulé derrière un voile d’intimidation et de peur, protégé par le bouclier du char et la clique d’une poignée de militaires, demeure.

Il est inébranlable, tirant les ficelles à sa guise, jouant avec la vie des pauvres comme un oiseau en cage, avec pour seul repas quelques grains de blé empoisonnés. Les promesses de développement et de prospérité ne sont que des aboiements, braillés par le clown Tebboune aux oreilles des pauvres, et la réalité continue de produire toujours plus de crises et de conflits, laissant le citoyen vivre dans un cycle de recherche de moyens de subsistance, attendant un lendemain qui ne sera peut-être guère différent de son hier, dans un pays qui possède tous les éléments de la richesse et des ressources, mais dont le peuple opprimé vit dans les détails de la pénurie, de la faim et de la pauvreté…

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