Le gouvernement tchadien a officiellement annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) après avoir notifié au Secrétaire général de l’ONU sa décision de se retirer du Statut de Rome. Le Tchad a justifié cette décision en invoquant ce qu’il a qualifié d’« incohérence de la justice » et de « sélectivité » dans l’action de la Cour, qui, selon lui, se concentre excessivement sur le continent africain et les pays du Sud, dans un communiqué, le ministère tchadien des Affaires étrangères a déclaré que cette décision de retrait était l’aboutissement d’un examen approfondi de l’action de la Cour. Il a affirmé que le bilan judiciaire de la Cour révèle un déséquilibre manifeste dans ses priorités, notant que neuf des treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création concernent des pays africains et que six des sept personnes détenues par la Cour sont liées à des affaires en Afrique.
Le gouvernement a ajouté que ces chiffres confirment « une focalisation persistante de l’activité judiciaire de la Cour sur les pays du Sud, et sur le continent africain en particulier ». Le Tchad a accusé la Cour d’être soumise à des « manipulations politiques » qui ont conduit à des poursuites sélectives visant des Africains, tandis que d’autres parties bénéficient d’une protection. N’Djamena a confirmé que le Tchad ne se considère plus compatible avec la Cour pénale internationale dans sa configuration actuelle, arguant que le maintien de cette approche justifie son retrait du Statut de Rome. Ce retrait prendra effet dans un an, période durant laquelle le Tchad restera tenu de coopérer avec la Cour conformément à ses engagements juridiques. Le Tchad figure parmi les pays africains les plus coopératifs avec la Cour, ayant autorisé ses enquêteurs à interroger des victimes du conflit du Darfour dans des camps de réfugiés situés sur son territoire pendant plus de quinze ans.
Cette décision intervient quelques semaines après que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont également annoncé leur retrait de la Cour pénale internationale en juin dernier. Une fois ces retraits effectifs, le nombre d’États africains membres tombera à 29, voire moins, et d’autres retraits sont attendus. Le Tchad a également appelé l’Union africaine à reconsidérer ses relations futures avec la Cour.