La Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Madagascar a entamé mardi 28 juillet 2026 une vaste mise à jour de son registre électoral, en vue du référendum sur une nouvelle constitution, qui sera suivi des élections présidentielles prévues en 2027. Le registre électoral actuel compte plus de 14 millions d’électeurs, mais il a fait l’objet de nombreuses critiques ces dernières années de la part des partis politiques et de certains segments de la population, en raison d’allégations de doublons, de numéros de carte d’identité nationale identiques et de la présence d’« électeurs fantômes ». La mise à jour devrait se poursuivre jusqu’en avril 2027.
L’inscription se fera par le biais de visites à domicile effectuées par les agents recenseurs, par l’intermédiaire des bureaux des unités administratives locales (fokontane), ainsi que par l’inscription en ligne, dans le but d’inscrire tous les citoyens ayant atteint l’âge légal pour voter. Le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Thierry Rakotonarivo, a déclaré que le registre électoral actuel « n’a plus aucune crédibilité », soulignant que des citoyens ont contesté son intégrité en raison de données électorales dupliquées, de millions de numéros de cartes d’identité identiques et de l’inscription d’électeurs fictifs grâce à des mandats électoraux. Il a ajouté que les résultats de toutes les élections récentes supervisées par la CENI ont été contestés. Cependant, la réforme de la commission elle-même, ainsi que la modification de la loi électorale, n’interviendront pas avant la conclusion du dialogue national qui déterminera l’avenir des réformes politiques.
M. Rakotonarivo a expliqué que le gouvernement actuel n’a pas le pouvoir de décider unilatéralement d’une réforme électorale, insistant sur le fait que cette mesure doit reposer sur la volonté du peuple malgache, car toute décision prise sans consultation nationale sera dépourvue de légitimité. Il a indiqué que la commission nécessite des réformes supplémentaires, notamment le renforcement de son indépendance financière, la révision du montant des dépôts financiers exigés des candidats et l’octroi de pouvoirs élargis en matière de fixation du calendrier électoral. Il a souligné que le rôle actuel du comité se limite à proposer des dates, la décision finale concernant la date des élections relevant du gouvernement.