Selon un rapport de la Commission nationale de lutte contre le piratage, le piratage numérique coûte à l’économie kényane environ 92 milliards de shillings kényans, soit l’équivalent d’environ 710 millions de dollars américains, chaque année. Ce rapport, récemment publié, met en garde contre l’impact croissant des violations des droits de propriété intellectuelle sur les industries créatives, les finances publiques et le développement de l’économie numérique. Le piratage numérique prive également le Kenya d’environ 17 milliards de shillings de recettes fiscales annuelles et réduit les revenus des cinéastes, auteurs, journalistes, développeurs de logiciels et diffuseurs sportifs, toujours selon ce rapport.
Cette pratique expose également les consommateurs à de nombreux risques, notamment les logiciels malveillants, la fraude et l’usurpation d’identité. William Kabogo, secrétaire d’État chargé des médias, des communications et de l’économie numérique, estime que le renforcement de la lutte contre ce phénomène pourrait créer ou maintenir plus de 50 000 emplois dans les secteurs créatifs et technologiques. Face à ce constat, le gouvernement entend mettre en place un cadre interministériel national de lutte contre le piratage numérique, sous la coordination du ministère de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, en collaboration avec diverses institutions publiques compétentes.
Parmi les premières mesures envisagées figurent le lancement d’une campagne nationale de sensibilisation, l’élaboration d’une politique nationale dédiée à la lutte contre le piratage numérique et la modification du projet de loi sur le droit d’auteur et les droits voisins. En 2022, les pertes annuelles liées au piratage numérique étaient estimées à plus de 92 milliards de shillings kenyans, principalement dues à la distribution illégale de contenus audiovisuels, de livres, de services de télévision payante et de jeux vidéo.